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TL;DR : Depuis le 5 novembre 2026, le Code du travail polonais définit le mobbing comme un harcèlement persistant envers un salarié. La nouvelle définition n'exige plus de prouver une longue durée ni l'intention de l'auteur ; un incident isolé ne suffit en principe pas. Tous les employeurs doivent mettre en place une prévention systématique. Ceux qui emploient au moins dix salariés doivent, si nécessaire, adapter leurs règles internes obligatoires avant le 5 mai 2027. La loi fixe aussi une réparation minimale équivalant à six fois le salaire minimum légal. Pour les RH et les managers, l'enjeu pratique consiste à relier les procédures aux échanges quotidiens sur la performance, les décisions et les tensions.
Comment Empatyzer aide-t-il à faire vivre les nouvelles règles au quotidien ?
Appliquer de nouvelles exigences suppose aussi de mieux mener les échanges sur les erreurs, les résultats et les conflits. Empatyzer accompagne les managers juste avant ces conversations, tandis que de courtes leçons personnalisées entretiennent les bons réflexes.
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« Qu'est-ce qui change pour notre entreprise ? »
La DRH d'une société de 40 personnes reçoit trois questions de sa direction : faut-il un nouveau règlement, une commission spéciale et des formations obligatoires ? La réforme du Code du travail polonais, entrée en vigueur le 5 novembre 2026, simplifie la définition du mobbing et précise l'obligation de le prévenir de manière systématique. Elle n'impose pas à toutes les entreprises un document identique ni une commission constituée selon un modèle unique. Il faut surtout vérifier que les salariés peuvent signaler un problème, que les faits sont examinés avec impartialité et que personne ne subit de représailles pour avoir parlé. L'Inspection nationale du travail polonaise insiste sur les responsables des signalements, les mesures de prévention et l'évaluation périodique des dispositifs. Pour les RH, la première étape consiste à distinguer les obligations légales des choix d'organisation. Les dispositions présentées ici concernent la Pologne ; elles ne se substituent pas au droit français ou belge.
Une nouvelle définition : la persistance plutôt que la durée
Auparavant, le droit polonais exigeait des actes de harcèlement ou d'intimidation à la fois persistants et prolongés, assortis de conditions supplémentaires concernant leurs effets ou leur finalité. La loi modificative du 19 juin 2026 retient désormais les comportements constituant un harcèlement persistant d'un salarié. La persistance désigne des actes répétés, récurrents ou continus. Un incident unique n'entre normalement pas dans cette définition, même s'il peut porter atteinte aux droits de la personnalité et relever d'autres recours. Le texte cite notamment les humiliations, les intimidations, les critiques injustifiées, l'entrave à l'exécution du travail ou à la communication avec les collègues et l'isolement. Ces exemples ne constituent pas une liste fermée : les faits doivent néanmoins former un ensemble de harcèlement persistant. Les auteurs peuvent être supérieurs hiérarchiques, collègues, subordonnés, prestataires ou groupes de personnes. L'intention de nuire n'est pas une condition autonome. À l'inverse, une critique professionnelle motivée et formulée de façon appropriée n'est pas du mobbing. L'appréciation tient compte de la nature des faits et de la situation du salarié.
La réforme ouvre droit, en cas de harcèlement reconnu, à une indemnisation du préjudice moral d'au moins six fois le salaire minimum mensuel polonais, soit 28 836 PLN en 2026 et 29 700 PLN à compter de janvier 2027. Pour ce nouveau fondement, il n'est pas nécessaire de démontrer une maladie ni de rompre son contrat de travail. Des agissements commencés avant le 5 novembre puis poursuivis après peuvent relever du nouveau régime. Attention à la portée du dispositif : une personne liée à l'entreprise par un contrat civil peut être l'auteur de faits de mobbing, mais la protection spécifique du Code du travail vise les salariés. Une personne travaillant sous un autre statut peut invoquer la protection des droits de la personnalité, certaines dispositions pénales ou contester la qualification juridique de sa relation de travail. Les débats sur ce choix figurent dans le document parlementaire 2289. Le texte officiel publié fait foi.
Les obligations de l'employeur et l'échéance du 5 mai 2027
Tous les employeurs polonais, quelle que soit leur taille, doivent prévenir le mobbing de façon systématique : prévenir les comportements, les détecter, réagir correctement, réparer leurs conséquences et accompagner les personnes concernées. Les structures d'au moins dix salariés doivent en outre définir des règles, des procédures et la fréquence des actions dans quatre domaines : respect de la dignité et des droits de la personnalité, égalité de traitement, prévention des discriminations et prévention du mobbing. Ces dispositions peuvent figurer dans une convention collective, le règlement du travail ou un règlement interne distinct. Si les documents existants répondent déjà aux exigences, il n'y a pas lieu de tout réécrire. Dans le cas contraire, la mise en conformité doit intervenir avant le 5 mai 2027. La procédure d'accord avec les syndicats ou les représentants des salariés prévoit un mécanisme de consultation de 30 jours. Un nouveau règlement prend normalement effet deux semaines après sa communication aux salariés.
La loi ne rend obligatoires ni une commission anti-harcèlement donnée, ni un référent attitré, ni un programme de formation précis. Il faut néanmoins désigner clairement qui reçoit les signalements et qui examine les faits en toute impartialité. Un dispositif solide décrit son champ d'application, les comportements interdits et les pratiques de gestion légitimes, les actions de prévention et leur périodicité, la confidentialité, les droits des parties, les délais, les mesures conservatoires, la protection contre les représailles et le suivi après la décision. Il est judicieux de proposer un canal permettant de contourner le supérieur concerné, voire plusieurs canaux. Recourir à un intervenant extérieur, former régulièrement les managers et revoir la procédure une fois par an sont aussi de bonnes pratiques, sans constituer chacune une obligation légale distincte. Mieux vaut préparer le projet et organiser les consultations dès maintenant. D'après les constats de l'Inspection du travail, parmi les employeurs contrôlés après des plaintes, 61 % disposaient d'une politique anti-mobbing, 59 % d'une procédure et 31 % avaient formé leurs cadres. Ces pourcentages concernent les entreprises contrôlées, pas l'ensemble des entreprises polonaises.
Responsabilité de l'entreprise et traitement des accusations
En Pologne, le salarié qui invoque le mobbing adresse son action au titre du Code du travail à l'employeur, même lorsque les faits émanent d'un collègue ou d'un subordonné. Afficher un règlement ou recueillir les signatures d'une feuille de présence ne démontre pas, à lui seul, que la prévention fonctionne. La réforme permet aussi, sous certaines conditions, à l'employeur ayant indemnisé la victime de rechercher une contribution financière auprès de l'auteur, proportionnelle aux fautes respectives. D'éventuelles mesures disciplinaires doivent reposer sur des faits établis et sur le droit applicable. Une accusation n'est pas une preuve de culpabilité ; une plainte non confirmée n'est pas pour autant une dénonciation sciemment mensongère. Il faut protéger la personne qui signale les faits et les témoins contre les représailles, dans les limites des protections effectivement applicables. Les règles polonaises de preuve en matière de mobbing ne sont pas identiques à celles de certains contentieux discriminatoires. Le service RH doit donc conserver le signalement initial, les éléments recueillis, les étapes de l'enquête et les décisions prises, sans présumer de la conclusion.
Ce que peut faire un salarié : preuves, indemnisation et idées reçues
En présence de comportements préoccupants, noter les dates, les paroles exactes, les événements répétés, les témoins ainsi que les courriels et messages disponibles. Signaler les faits par un canal sûr et demander conseil si nécessaire. Devant le juge polonais, le salarié doit en principe établir les éléments justifiant sa demande pour mobbing ; une discrimination liée à un motif protégé peut obéir à d'autres règles probatoires. Le texte révisé permet de demander à l'employeur une réparation du préjudice moral d'au moins six salaires minimums ou des dommages-intérêts. La preuve d'une dégradation médicale de l'état de santé n'est pas exigée pour la nouvelle réparation minimale. Les créances nées de la relation de travail sont en principe soumises à une prescription de trois ans, dont le point de départ dépend de la demande. L'exonération générale de la taxe initiale de saisine pour les salariés ne signifie pas que tout procès est gratuit. Avant d'enregistrer une conversation ou de produire un enregistrement, il faut vérifier la licéité de la méthode. Une plainte pour mobbing ne relève pas automatiquement de la loi polonaise sur les lanceurs d'alerte : tout dépend des faits dénoncés. Enfin, l'Inspection du travail contrôle le respect des obligations de l'employeur, tandis que les tribunaux tranchent les demandes individuelles. Il est possible de rechercher un soutien psychologique ou médical sans attendre la décision d'un juge.
La communication, fil conducteur de la réforme
Le nouveau Code évoque la communication à plusieurs reprises. Il impose à l'employeur de prévenir les atteintes à la dignité du salarié, notamment dans le domaine d'une communication appropriée au travail. Empêcher quelqu'un d'échanger avec ses collègues peut faire partie des formes de harcèlement persistant. À l'inverse, une critique justifiée, exprimée correctement, est explicitement distinguée du mobbing. Concrètement, il reste permis de fixer des exigences, de signaler un retard et de demander une correction. Mais la justification, la forme et l'éventuel caractère répétitif du comportement comptent. L'appréciation doit être individualisée en fonction des faits et de la situation de la personne. Dans les équipes, demander comment chacun préfère recevoir un retour et quels aménagements sont utiles peut réduire les malentendus, notamment en présence de profils neurodivergents. La différence de style ne justifie jamais les humiliations ; elle ne permet pas non plus de disqualifier une plainte pour « hypersensibilité ». Le droit polonais n'impose pas un cursus précis de communication, mais l'entraînement régulier aux conversations difficiles peut contribuer à la prévention.
Les priorités pratiques pour les RH
Commencer par examiner les procédures existantes : qui reçoit les alertes, peut-on éviter un supérieur mis en cause, comment garantir l'impartialité, quels documents conserver, comment protéger les parties et les témoins ? Au-delà du seuil de dix salariés, s'assurer que les règles, les procédures et la fréquence des actions figurent dans un instrument interne approprié avant le 5 mai 2027, sauf conformité déjà acquise. Respecter les étapes légales de consultation et de publication lorsqu'un nouveau règlement s'impose. Une commission, plusieurs canaux, une expertise externe et des formations régulières peuvent être excellents choix, mais ne sont pas automatiquement des obligations formelles distinctes. Protéger les données confidentielles, motiver les décisions et prévoir une aide après la clôture d'un dossier. Pour le salarié, le bon point de départ reste le récit concret de ce qui s'est passé, sans exiger une qualification juridique préalable. Voir également comment distinguer un conflit professionnel du harcèlement.
La réforme polonaise simplifie la définition du mobbing et précise l'obligation de prévention systématique. Les entreprises ont intérêt à revoir leurs règles internes, les canaux de plainte et la façon dont elles réagissent aux signalements. Le quotidien compte autant que les procédures : une critique doit reposer sur des faits, être formulée correctement et pouvoir être préparée.
Empatyzer pour faire vivre les nouvelles règles au quotidien
Les RH s'apprêtent à annoncer une nouvelle politique de prévention du mobbing. Avec Em, elles peuvent préparer un message qui explique le sens des changements et leur application concrète. Les managers utilisent ensuite Em avant des échanges réels : un retard, une évaluation difficile, une plainte. Au lieu d'improviser sous le coup de l'émotion, ils préparent l'ouverture, les questions et les attentes. Deux microleçons par semaine consolident les habitudes utiles, et le profil de leadership signale les points à travailler. Les RH disposent de statistiques globales d'utilisation, tandis que les conversations restent privées. Les règles se traduisent ainsi en pratiques quotidiennes.
Sources
- Państwowa Inspekcja Pracy (2026). Sprawozdanie z działalności Państwowej Inspekcji Pracy w 2025 roku. Druk sejmowy nr 2773. https://api.sejm.gov.pl/sejm/term10/prints/2773/2773.pdf Sprawozdanie z działalności Państwowej Inspekcji Pracy w 2025 roku
- Ustawa z dnia 19 czerwca 2026 r. o zmianie ustawy – Kodeks pracy oraz ustawy – Kodeks postępowania cywilnego (2026). Dz.U. 2026 poz. 1046. https://api.sejm.gov.pl/eli/acts/DU/2026/1046/text.pdf Dz.U
- Rada Ministrów (2026). Rządowy projekt ustawy o zmianie ustawy – Kodeks pracy oraz ustawy – Kodeks postępowania cywilnego wraz z uzasadnieniem i zestawieniem uwag, druk sejmowy nr 2289. https://api.sejm.gov.pl/sejm/term10/prints/2289/2289.pdf Rządowy projekt ustawy o zmianie ustawy – Kodeks pracy oraz ustawy – Kodeks postępowania cywilnego wraz z uzasadnieniem i zestawieniem uwag, druk sejmowy nr 2289
- Sąd Najwyższy. Wyrok, sygn. akt I PK 35/11. https://www.saos.org.pl/judgments/95546 Sąd Najwyższy
- Michael P. Leiter; Heather K. Spence Laschinger; Arla Day; Debra Gilin Oore (2011). The impact of civility interventions on employee social behavior, distress, and attitudes. Journal of Applied Psychology, 96(6), 1258-1274. https://doi.org/10.1037/a0024442 10.1037/a0024442
- Patricia A. Gillen; Marlene Sinclair; W. George Kernohan; Cecily M. Begley; Ans G. Luyben (2017). Interventions for prevention of bullying in the workplace. Cochrane Database of Systematic Reviews, 2017(1), CD009778. https://doi.org/10.1002/14651858.CD009778.pub2 10.1002/14651858.cd009778.pub2
- Państwowa Inspekcja Pracy (2026). Mobbing i dyskryminacja w miejscu pracy: nowe przepisy. https://www.pip.gov.pl/aktualnosci/mobbing-i-dyskryminacja-w-miejscu-pracy-nowe-przepisy Mobbing i dyskryminacja w miejscu pracy: nowe przepisy
- Państwowa Inspekcja Pracy (2026). Jak nowelizacja Kodeksu pracy wpływa na przepisy dotyczące mobbingu? https://www.pip.gov.pl/dla-pracodawcow/pytania-i-odpowiedzi/jak-nowelizacja-kodeksu-pracy-wplywa-na-przepisy-dotyczace-mobbingu Jak nowelizacja Kodeksu pracy wpływa na przepisy dotyczące mobbingu?
- Ministerstwo Rodziny, Pracy i Polityki Społecznej (2026). Przeciwdziałanie mobbingowi. https://redakcja.www.gov.pl/web/rodzina/przeciwdzialanie-mobbingowi Przeciwdziałanie mobbingowi
- Dziennik Ustaw (2026). Ustawa z dnia 19 czerwca 2026 r., Dz.U. 2026 poz. 1046. https://www.dziennikustaw.gov.pl/DU/2026/1046 Ustawa z dnia 19 czerwca 2026 r., Dz.U
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