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TL;DR: Si vous dirigez un hôpital, avant d’annoncer un nouveau changement, vérifiez quels engagements passés le personnel garde en mémoire et ce qui entrave son travail. La capacité de l’équipe à avancer ne se résume pas à son adhésion à l’objectif. Commencez par une étape réalisable, montrez qu’elle a été menée à bien et demandez régulièrement quelles ressources sont nécessaires pour poursuivre.
Comment Empatyzer aide-t-il à rétablir la confiance dans les changements à l’hôpital ?
En mode équipe, Em aide à préparer des questions sur les engagements en suspens, tandis que « À propos de moi » révèle une éventuelle tendance de la direction à faire des promesses trop ambitieuses.
Les fonctionnalités qui vous y aideront :
- À propos de moi: La rubrique « À propos de moi » aide la direction à examiner sa manière de faire des promesses, tandis qu’Em, dans le contexte de l’équipe, prépare des questions sur les expériences du personnel.
- Échanger avec Em à propos de soi: Em aide à préparer un message pour un groupe qui attend des actes visibles.
- Microleçons: Elles aident à revenir sur les engagements après la première réunion.
Un nouveau projet s’inscrit dans une histoire
Quand la direction d’un hôpital présente un nouveau projet, le personnel peut aussi y entendre l’écho d’annonces précédentes. Avant de fixer le calendrier, il vaut la peine de retracer l’histoire d’initiatives similaires : ce qui a été promis, ce qui a été fait et les engagements restés sans suite. Il faut toutefois distinguer les difficultés avérées de la supposition que le projet actuel connaîtra le même sort. Une question utile à poser à l’équipe est : qu’est-ce qui devrait être différent cette fois pour que cette tentative lui paraisse crédible ? Les réponses peuvent faire ressortir aussi bien des points anciens à éclaircir que des obstacles qui pèsent encore sur le travail. La discussion commence ainsi non par une demande de confiance, mais par la recherche de ce qui permettrait de la reconstruire.
Être prêt, c’est plus que déclarer son soutien
Le soutien exprimé en réunion ne suffit pas à évaluer si l’équipe est en mesure d’assumer de nouvelles tâches. Une revue des outils servant à évaluer cette capacité a porté sur 1 370 items de mesure ; ceux-ci couvraient notamment les ressources, la communication, la culture organisationnelle et les caractéristiques individuelles, la plupart concernant le contexte interne de l’organisation. Il s’agit donc d’une capacité liée à un changement précis, et non d’un trait permanent du personnel. À l’hôpital, il est utile de demander séparément si les professionnels voient l’intérêt du projet et s’ils disposent des conditions nécessaires pour le réaliser. Une personne peut approuver l’objectif sans savoir quand elle trouvera le temps de se former, ni si elle recevra une réponse après avoir signalé un problème. Il faut cerner cet écart avant le déploiement.
La critique peut apporter des informations utiles
Il est facile de voir dans l’opposition à un nouveau changement un manque de coopération, surtout quand la date de lancement du projet approche. Pourtant, une revue des réactions aux changements organisationnels prend en compte à la fois la façon dont les salariés les comprennent et ce qu’ils font ; elle souligne aussi l’intérêt possible des réactions négatives pour la conduite du changement. Ce constat porte sur les organisations en général et ne constitue pas une preuve propre aux hôpitaux. Face à une personne critique, il est utile de lui demander un exemple d’erreur commise lors du précédent déploiement, ainsi que la condition qui faisait alors défaut. On peut ensuite vérifier cette condition avant de lancer la nouvelle solution. La critique ne doit pas nécessairement dicter la décision, mais elle peut révéler un risque oublié dans le plan.
Comment reconnaître une déception passée
Reconnaître une déception passée ne suppose pas de deviner pourquoi la direction précédente a pris telle ou telle décision. Mieux vaut nommer un fait connu, par exemple un engagement non respecté, et dire quelles conséquences il a eues sur le travail de l’équipe. Il faut ensuite expliquer ce qui a été vérifié avant de relancer l’initiative : l’obstacle existe-t-il toujours et de qui dépend sa levée ? Si certains problèmes ne sont pas résolus, il faut le dire clairement plutôt que de présenter le nouveau projet comme une rupture totale avec le passé. Il importe aussi de préciser ce qui peut être corrigé dès maintenant, sans rejeter la responsabilité sur ses prédécesseurs. Le personnel peut ainsi juger le plan à partir d’informations concrètes, plutôt que d’une nouvelle promesse générale.
Un petit engagement, suivi d’un résultat visible
Le premier engagement doit être suffisamment limité pour relever de personnes qui ont prise sur sa réalisation. Il est utile d’indiquer une échéance, la ressource nécessaire et le critère qui permettra à l’équipe de constater que l’étape est effectivement terminée. Si sa réalisation est compromise, l’équipe doit être informée du retard avant l’échéance, avec une décision sur la suite à donner. Au bout d’une semaine, on peut faire un bref point sur les engagements : ce qui a été fait, ce qui a une nouvelle date et ce qui attend une décision de la personne responsable du processus. Il ne s’agit pas de proclamer une réussite après une seule tâche. Mais la réalisation visible d’une promesse limitée donne au personnel une meilleure base pour juger de l’étape suivante qu’une simple demande de participation à un grand projet assortie d’assurances.
Comment évaluer la capacité à avancer en cours de route
Il ne faut pas évaluer une seule fois, avant la première réunion, la capacité de l’équipe à avancer. La revue des outils montre que cette évaluation est multidimensionnelle et doit être rapportée à un changement et à un environnement précis ; elle ne désigne pas d’échelle universelle unique. Pendant le déploiement, on peut donc poser des questions distinctes sur l’intérêt des nouvelles actions, les compétences nécessaires, le temps disponible et la possibilité d’obtenir de l’aide. Il faut aussi vérifier si les ressources prévues sont effectivement disponibles et quelles difficultés sont déjà apparues dans la pratique. La présence en réunion, pas plus qu’une déclaration générale d’enthousiasme, ne prouve que le personnel peut accomplir les nouvelles tâches. Si les réponses révèlent des obstacles, elles doivent servir à ajuster les conditions de travail ou le plan, et non à juger l’attitude de l’équipe.
Que faire si la crédibilité est de nouveau entamée
Même un engagement pris avec prudence peut ne pas être tenu. Tarder alors à expliquer la situation risque d’entamer encore la crédibilité : l’équipe peut constater les effets du retard avant d’en connaître la cause. Il vaut mieux reconnaître rapidement la promesse non tenue, analyser l’obstacle et communiquer la nouvelle décision. Si les ressources ont été mal évaluées, il est plus raisonnable de réduire le périmètre de l’action ou de modifier l’échéance que de maintenir un plan irréaliste. Il faut aussi rendre compte des décisions de la direction, notamment en matière de ressources et de priorités, pour que la responsabilité ne repose pas uniquement sur le personnel. Cette façon de faire n’efface pas la déception passée, mais elle permet à l’équipe de voir comment les responsables du projet réagissent lorsque sa mise en œuvre ne suit pas le plan.
L’adhésion du personnel à l’objectif d’un changement ne signifie pas encore que l’équipe dispose du temps, des compétences et du soutien nécessaires pour le mettre en œuvre. Après un déploiement raté, mieux vaut commencer par faire le point sur les anciens engagements et les conditions de travail actuelles.
Empatyzer pour rétablir la confiance dans les changements à l’hôpital
La direction d’un hôpital qui souhaite annoncer un changement après des engagements non tenus peut commencer par préparer son échange avec l’équipe. La rubrique « À propos de moi » d’Empatyzer l’aide à examiner sa manière de faire des promesses, notamment sa tendance éventuelle à en faire trop à la fois. Dans le contexte de l’équipe, Em peut l’aider à formuler des questions sur les expériences passées du personnel et les engagements en suspens : quels points restent ouverts, qu’est-ce qui a empêché leur réalisation et quelles explications manquent encore ? En échangeant avec Em, la direction peut préparer un message qui reconnaît l’échec précédent sans rejeter la faute sur d’autres, définit une première étape possible et répond au scepticisme légitime d’un groupe qui attend des actes plutôt que de nouvelles assurances. Après la réunion, les microleçons aident à revenir sur les engagements au lieu de s’en tenir à une annonce ponctuelle. L’outil aide à préparer ces actions ; il revient aux personnes responsables du changement de tenir les engagements et de vérifier les conditions de mise en œuvre.
Sources
- Isomi M. Miake-Lye; Deborah M. Delevan; David A. Ganz; Brian S. Mittman; Erin P. Finley (2020). Unpacking organizational readiness for change: an updated systematic review and content analysis of assessments. BMC Health Services Research, 20(1), 106. https://doi.org/10.1186/s12913-020-4926-z 10.1186/s12913-020-4926-z
- Khai Wah Khaw; Alhamzah Alnoor; Hadi AL-Abrrow; Victor Tiberius; Yuvaraj Ganesan; Nadia A. Atshan (2023). Reactions towards organizational change: a systematic literature review. Current Psychology, 42(22), 19137–19160. https://doi.org/10.1007/s12144-022-03070-6 10.1007/s12144-022-03070-6
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