Quand les promesses brisées détruisent la confiance
TL;DR: Le contrat psychologique englobe les convictions relatives aux obligations réciproques du salarié et de l’organisation. Sa rupture correspond au constat qu’une promesse n’a pas été tenue ; le sentiment de trahison est une réaction émotionnelle possible. Il est utile de nommer précisément les accords, les conditions et les responsabilités, puis d’en parler honnêtement lorsque le respect d’un engagement devient impossible.
Comment Empatyzer aide-t-il à parler d’une promesse non tenue ?
Empatyzer vous aide à préparer une discussion sur les attentes et les engagements non tenus, en tenant compte de ce qui revêt une importance particulière pour chaque partie.
Fonctionnalités qui peuvent vous aider :
- Parler à Em d’une personne précise : Vous aide à trouver les mots pour nommer l’écart et à préparer des questions qui permettent de vérifier la compréhension de l’engagement.
- Motivations : Vous aide à examiner les besoins personnels qui donnent à cette promesse une importance particulière.
Nous avions pourtant convenu autre chose
Lors de son recrutement, Marta entend que l’entreprise mise sur le développement et qu’après sa période d’intégration, elle se verra confier un projet en autonomie. Pendant les mois qui suivent, elle reprend les tâches urgentes de ses collègues. Lorsqu’elle s’enquiert du projet, on lui répond que « ce n’est pas possible pour le moment ». Son manager estime ne pas avoir formulé de promesse formelle. Marta, elle, a le sentiment d’avoir accepté l’offre précisément sur la foi de cette perspective. Ils parlent de la même histoire, mais chacun se souvient d’un engagement différent. C’est une situation typique dans laquelle il est utile d’examiner le contrat psychologique. Il ne s’agit pas d’un contrat supplémentaire dissimulé dans le dossier du salarié, mais des convictions individuelles sur ce que les parties se doivent mutuellement. Un salarié peut penser qu’en échange de sa flexibilité, il bénéficiera de possibilités de développement, tandis que son manager suppose que l’autonomie implique de résoudre seul les problèmes. Le contrat repose sur les promesses perçues et sur la réciprocité. Tout espoir n’en fait donc pas partie. Souhaiter une promotion rapide ne crée pas automatiquement une obligation pour l’entreprise si ni sa communication ni ses pratiques n’ont donné de raison de le croire. Cette distinction devient particulièrement importante lorsqu’un salarié prend une décision qui exige un véritable sacrifice. Il peut renoncer à une autre offre, accepter un déménagement ou assumer temporairement une charge de travail plus lourde. Plus il fonde ce choix sur les assurances données par l’organisation, plus il devient nécessaire d’expliquer ensuite tout écart. Cela ne signifie pas que l’entreprise doive satisfaire chaque attente. Elle devrait toutefois chercher à comprendre quels engagements ont pris forme dans l’esprit de l’autre partie. Dans le cas de Marta, parler uniquement de ses missions actuelles ne suffira pas, car cela occulterait sa décision antérieure et les raisons qui l’ont motivée. Pour comprendre sa déception, il faut revenir au moment où les deux parties ont défini les conditions de leur coopération et présenté l’avenir de ce poste.
Les promesses naissent aussi entre les lignes
Les offres d’emploi, les entretiens de recrutement, les décisions antérieures et le comportement des représentants de l’organisation peuvent tous nourrir des attentes. Si l’entreprise récompense régulièrement un effort supplémentaire par un type précis d’opportunité, un salarié peut finir par considérer cette pratique comme une règle. Les mots du manager comptent eux aussi. « Nous ferons le point après le trimestre » peut n’annoncer qu’une discussion ; après un long échange sur une promotion, cette phrase peut cependant être comprise comme une promesse conditionnelle. L’ambiguïté ne procède pas nécessairement d’une mauvaise intention, mais elle ne dispense pas de vérifier ce que l’autre personne a réellement entendu. Dans le cas de Marta, il serait utile de décomposer l’accord : de quel projet s’agit-il, à quelle échéance, sous quelles conditions et qui prendra la décision ? Cette précision ne fragilise pas la confiance. Au contraire, elle évite que chaque partie n’exécute sa propre version de l’accord. Les assurances données par une personne qui n’a pas le pouvoir de les honorer sont particulièrement risquées. Un manager peut sincèrement souhaiter la promotion d’un salarié ; sa bonne intention ne constitue toutefois ni une décision de l’organisation ni la garantie qu’un poste sera disponible.
De la déception au sentiment de trahison
La littérature distingue le constat d’un engagement non tenu de l’expérience émotionnelle de sa violation. Le premier relève d’une évaluation : « Je n’ai pas reçu ce dont nous étions convenus. » La seconde peut inclure de la colère, un sentiment d’injustice ou l’impression d’avoir été trompé. Les deux ne se manifestent pas toujours ensemble, ni avec la même intensité. L’explication des circonstances, la relation antérieure et l’importance de la promesse peuvent modifier la manière dont la situation est vécue. La méta-analyse de Zhao et de ses coauteurs associe notamment la rupture du contrat psychologique à la confiance, à la satisfaction, à l’engagement et à l’intention de quitter l’organisation. Zhao et al., 2007. La précision est essentielle : l’intention de partir n’est pas un départ effectif. Dans cette méta-analyse, la rupture n’était pas significativement liée à tous les résultats étudiés ; la rotation effective constituait une exception. Dans le monde du travail, cette nuance a une portée concrète. Une personne peut rester dans l’entreprise pour des raisons financières ou familiales tout en cessant de la considérer comme un partenaire qui mérite des efforts supplémentaires. L’absence de démission ne prouve donc pas que le problème est résolu, pas plus que la déception ne permet de prédire la décision d’un salarié donné. La rupture peut également modifier le sens des messages ultérieurs. Là où le salarié entendait autrefois une opportunité, il peut désormais percevoir une manière d’obtenir de lui un effort supplémentaire. Le manager peut être surpris par cette prudence et l’interpréter comme un manque d’engagement. Un nouveau malentendu apparaît alors facilement : la personne qui refuse de fonder une nouvelle décision sur une assurance vague se voit qualifiée d’exigeante. Il est utile de lui demander ce qui rendrait le nouvel accord crédible à ses yeux. Il peut s’agir de nommer le décideur, de fixer la date d’un prochain échange ou de définir les conditions de réalisation. Il ne faut pas promettre qu’une trace écrite rétablira immédiatement la confiance. Elle fournit néanmoins une base pour évaluer les actions à venir, plutôt que d’exiger du salarié qu’il fasse à nouveau confiance sur la seule foi de paroles.
Parler d’un engagement non tenu
Le salarié peut commencer par exposer sa compréhension de l’accord : « À l’issue de notre échange de janvier, j’avais compris qu’après mon intégration, je dirigerais un projet. J’aimerais vérifier si nous avions compris la même chose. » Il peut ensuite expliquer l’enjeu : « C’était une raison importante pour laquelle j’ai accepté ce poste. » Cette entrée en matière ne l’oblige pas à renoncer à son point de vue ; elle permet de déterminer si le problème tient à une interprétation différente, à des circonstances qui ont changé ou à une promesse précise non tenue. Chaque situation appelle une réponse un peu différente. Du côté du manager, répondre « ce n’est pas écrit dans ton contrat » apporte peu. La discussion porte aussi sur la crédibilité des messages antérieurs. Il est plus utile de reconstituer l’accord et d’assumer sa part de responsabilité dans l’ambiguïté. Si la promesse ne peut être honorée, il faut le dire clairement, en expliquer les raisons et présenter des possibilités réalistes. Une nouvelle annonce vague ne ferait que reporter la déception. Une solution de remplacement doit être acceptée en connaissance de cause par le salarié ; elle ne peut résulter de la décision unilatérale qu’un autre avantage « compense » la promesse initiale.
Actualiser les attentes avant la crise
Le contrat psychologique évolue avec le poste, le manager et la situation de l’entreprise. Après une réorganisation, il est bon de revenir sur le degré d’autonomie, l’accès au développement, les priorités et les critères de reconnaissance. Un nouveau manager devrait demander quels accords existaient auparavant, plutôt que de supposer que l’histoire de la relation commence le jour de son arrivée. Il est également utile de consigner les engagements importants dans un bref compte rendu de la discussion. Il ne s’agit pas de formaliser chaque marque de politesse, mais bien les questions sur lesquelles l’autre personne fonde ses décisions professionnelles. L’actualisation des attentes doit aussi préciser ce que l’organisation cesse d’exiger. Si un projet de développement est reporté, mais que le salarié doit continuer d’assumer toutes les tâches qu’il avait acceptées en échange de cette possibilité, le sentiment d’une relation à sens unique risque de se renforcer. Une discussion honnête peut donc porter sur une nouvelle répartition des responsabilités, une autre forme de développement ou le constat que le poste actuel ne répond plus aux besoins des deux parties. Tout écart ne se résout pas par un avantage supplémentaire. Pour l’un, l’autonomie sera primordiale ; pour l’autre, ce sera la stabilité ou la possibilité d’apprendre. Il faut le vérifier au lieu de supposer qu’une proposition attractive pour le manager aura la même valeur pour le salarié. La réciprocité exige de s’accorder sur la valeur du nouvel arrangement, pas seulement de l’annoncer officiellement.
La confiance envers l’entreprise dépend également de la cohérence entre ce que le salarié a entendu et ce qu’il vit ensuite. Des promesses assorties de conditions claires et une mise à jour honnête des accords n’élimineront pas toutes les déceptions. Elles permettent toutefois de parler de la situation réelle avant que chaque partie ne l’interprète comme une preuve de déloyauté.
Empatyzer pour parler d’une promesse non tenue
Empatyzer peut aider à préparer une discussion sur un engagement que les parties comprennent différemment. L’onglet Motivations offre un point de départ pour examiner pourquoi une promesse donnée compte autant pour l’utilisateur. Il ne détermine toutefois pas ce qui a réellement été promis. Dans Parler à Em d’une personne précise, l’utilisateur peut ensuite préparer la manière d’exposer sa compréhension de l’accord et les questions à poser sur le point de vue de son interlocuteur. L’objectif pratique est de formuler un message qui nomme clairement l’écart sans conclure d’emblée à la tromperie ou à la mauvaise volonté. Le manager peut s’appuyer sur le même contexte pour préparer une explication honnête de l’évolution des conditions et des propositions réalistes. L’évaluation des possibilités de l’organisation reste de son ressort. Em aide à choisir les mots et à structurer la discussion, mais ne valide aucune promotion, ne vérifie pas l’historique des promesses et ne garantit pas le rétablissement de la confiance. Un nouvel accord ne devient crédible que lorsque les actions convenues sont effectivement mises en œuvre.
Sources et recherches
- HAO ZHAO; SANDY J. WAYNE; BRIAN C. GLIBKOWSKI; JESUS BRAVO (2007). THE IMPACT OF PSYCHOLOGICAL CONTRACT BREACH ON WORK‐RELATED OUTCOMES: A META‐ANALYSIS. Personnel Psychology, 60(3), 647-680. https://doi.org/10.1111/j.1744-6570.2007.00087.x DOI: 10.1111/j.1744-6570.2007.00087.x
Auteur: Empatyzer
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