Communication dans l’équipe médicale

Comment un directeur d’hôpital peut-il refuser une demande légitime de son équipe ?

Sur cette page

TL;DR: Un directeur d’hôpital peut refuser un poste supplémentaire sans contester la surcharge du service. Il doit préciser la contrainte et le critère de décision, vérifier qui supportera le coût du report et fixer une date de réexamen. Cette date ne vaut pas promesse d’accord ; d’ici là, il faut convenir d’un volume de travail réalisable.

Comment Empatyzer aide-t-il à préparer un refus auprès de l’équipe hospitalière ?

La vue d’ensemble de l’équipe aide le directeur à anticiper les différentes attentes concernant l’explication de la décision, tandis qu’Em lui permet de s’exercer à parler des critères retenus.

Les fonctionnalités qui peuvent vous aider :

  • Parler de soi avec Em: Em l’aide à formuler une réponse qui reconnaît le besoin, explique la contrainte et donne une date de réexamen.
  • Parler de l’équipe avec Em: Le mode équipe l’aide à adapter son message aux différentes attentes en matière d’autonomie et de justice.

Quand le besoin dépasse les moyens disponibles

Quand une équipe demande une personne de plus pendant une garde, davantage de temps pour les consultations ou une répartition du travail plus sûre, le directeur de l’hôpital doit d’abord comprendre le problème à l’origine de la demande. Il peut reconnaître la surcharge constatée avant d’aborder les contraintes de personnel ou de budget. L’absence de poste vacant ne signifie pas que le besoin d’une infirmière supplémentaire est injustifié. Il faut donc distinguer deux questions : l’organisation actuelle du travail doit-elle changer et la ressource demandée est-elle disponible aujourd’hui ? Le refus porte ainsi sur une possibilité concrète, non sur la crédibilité du personnel. Cette distinction permet aussi de se demander combien de temps l’équipe peut travailler dans les conditions actuelles et quels risques doivent être pris en charge sans attendre.

Comprendre le point de vue du personnel

Avant d’annoncer son refus, le directeur peut demander ce qui pèse le plus sur le personnel : les consultations retardées, la répartition des gardes ou les tâches accomplies au détriment d’autres obligations. Demander des exemples précis des conséquences du manque de ressources aide à distinguer ce qui exige une réponse immédiate de ce qui peut attendre le réexamen. Une revue systématique de 42 études décrit des liens entre l’empathie des responsables et les relations, les attitudes et le bien-être des salariés. Toutefois, ces études définissent et mesurent l’empathie de façons différentes et n’établissent pas de manière uniforme l’efficacité de chaque comportement. S’intéresser au point de vue de l’équipe doit donc servir à mieux comprendre le problème, non à obtenir à coup sûr l’acceptation du refus.

Un refus juste comporte plusieurs dimensions

Le personnel peut juger la décision défavorable tout en évaluant séparément la manière dont elle a été prise et expliquée. Une méta-analyse de 183 études distingue la justice dans la répartition des ressources, les procédures, le traitement des personnes et les explications fournies ; elle ne démontre toutefois pas l’efficacité d’une façon particulière de mener la conversation. Le directeur doit donc exposer clairement le critère utilisé pour départager les besoins, plutôt que d’invoquer sa propre patience ou d’attendre qu’on lui fasse confiance sans explication. Il importe aussi que le personnel puisse présenter les données omises lors de l’évaluation et sache comment signaler un fait négligé. Le respect dans l’échange ne remplace pas ces garanties. Lorsqu’il faut répartir des ressources limitées, l’équipe doit comprendre à la fois la raison du refus et la manière de faire corriger une décision fondée sur des informations incomplètes.

Expliquer ce qui manque

Dire « ce n’est pas possible » laisse l’équipe dans l’incertitude. Le directeur doit préciser quelle ressource manque et pendant combien de temps la contrainte s’applique. Manquer de fonds pour une garde supplémentaire, ne pas trouver de candidats disponibles ou devoir obtenir une autorisation extérieure à l’hôpital sont trois situations différentes. Il convient de dire ce qui peut être modifié sur place et ce qui doit être soumis à une instance supérieure. Par exemple : « Je comprends le besoin d’une garde supplémentaire. Pour l’instant, nous finançons la couverture des urgences ; je reviendrai sur votre proposition lors de la révision du budget. » Si des montants ou des dates sont connus, il faut les communiquer. L’équipe saura ainsi quelle contrainte s’applique aujourd’hui et quelle décision devrait changer.

Que faire malgré le refus ?

Refuser un poste supplémentaire ne clôt pas la discussion sur le travail qui reste à accomplir. Le directeur peut proposer un ajustement partiel du planning ou un essai de courte durée d’une autre solution, mais il doit d’abord vérifier avec l’équipe que cette option répond au problème le plus pressant. Il faut aussi évaluer si elle ne reporte pas le risque sur les patients ou sur un autre groupe de salariés. Si aucune solution réalisable n’existe, mieux vaut convenir d’une réduction des tâches que de continuer à exiger, après le refus, le même volume de travail. Toute réduction éventuelle des soins doit également être examinée au regard de ses conséquences pour les patients. Annoncer une amélioration ne suffit pas : il faut désigner la personne responsable de la prochaine étape et préciser la condition dont dépend sa mise en œuvre.

Quand réexaminer la demande ?

En fin d’échange, il est utile de fixer le moment où la demande sera réexaminée. Il peut s’agir de la date de révision du budget ou d’un événement, comme la libération d’un poste. Le directeur doit également noter les informations qui seront nécessaires : les effectifs disponibles, l’ampleur des tâches supplémentaires ou l’évolution de la charge de travail. Le personnel saura ainsi ce qu’il peut apporter, au lieu d’attendre un vague « on verra ». Il faut toutefois distinguer clairement une date de discussion d’une promesse d’accord. Le réexamen peut confirmer le refus si la contrainte demeure. D’ici là, l’équipe doit savoir qui recueille les données, qui prendra la décision et comment signaler un changement de situation nécessitant une réaction plus rapide.

Accueillir le mécontentement

Le mécontentement qui suit un refus ne signifie pas nécessairement que le personnel n’a pas compris l’explication. Le directeur doit laisser à l’équipe la possibilité d’en décrire les conséquences, sans exiger une approbation immédiate. Il importe de distinguer la réaction émotionnelle des informations nouvelles susceptibles de justifier une modification de la décision ou une mesure urgente pour sécuriser le travail. Si des salariés signalent une tâche impossible à accomplir en toute sécurité avec les ressources maintenues, il faut consigner le problème et déterminer qui s’en chargera. Cela n’oblige pas à promettre de revenir sur le refus. Après un certain temps, il convient de vérifier que le volume de travail convenu correspond réellement aux effectifs disponibles. Revenir vers l’équipe permet de mesurer le coût du report, plutôt que de considérer le dossier comme clos après une seule conversation.

Refuser un poste supplémentaire ne signifie pas nécessairement que le directeur conteste la surcharge de l’équipe. L’essentiel est d’expliquer la contrainte, d’examiner les conséquences de la décision et de convenir du moment où la demande sera réexaminée.

Empatyzer pour préparer un refus auprès de l’équipe hospitalière

Le directeur de l’hôpital constate la surcharge de l’équipe, mais doit refuser un poste supplémentaire. Pour préparer l’échange, il peut utiliser Empatyzer : lors d’une conversation avec Em à propos de lui-même, il peut construire une réponse qui reconnaît d’abord le besoin du personnel, explique ensuite la contrainte actuelle et indique une date de réexamen. Son profil peut l’aider à repérer sa tendance à vouloir apaiser trop vite le mécontentement, par exemple en faisant une promesse qu’il ne peut pas encore tenir. Puis, dans le mode équipe, il peut examiner les attentes diverses des salariés en matière d’autonomie et de justice afin de formuler clairement les critères de décision. Avec Em, il peut aussi s’exercer à inviter l’équipe à examiner ensemble les options réalisables et préciser quelles données et quelle échéance permettront de revenir sur la demande. Le but n’est pas d’obtenir l’accord de tous, mais de préparer un refus qui indique clairement la suite.

Sources

  1. Jason A. Colquitt; Donald E. Conlon; Michael J. Wesson; Christopher O. L. H. Porter; K. Yee Ng (2001). Justice at the millennium: A meta-analytic review of 25 years of organizational justice research. Journal of Applied Psychology, 86(3), 425–445. https://doi.org/10.1037/0021-9010.86.3.425 10.1037/0021-9010.86.3.425
  2. Muss, C., Tüxen, D., & Fürstenau, B. (2026). Empathy in leadership: a systematic literature review on the effects of empathetic leaders in organizations. Management Review Quarterly, 76(1), 333–369. https://doi.org/10.1007/s11301-024-00472-7 10.1007/s11301-024-00472-7