« Le mentor parle tout le temps » — Quand le conseil arrive trop tôt

Courte conversation de mentoring. Olek vient voir Samuel parce qu’il est bloqué sans encore savoir exactement où se situe le problème.

— Je suis bloqué et je ne suis même pas sûr de savoir où est le vrai problème.
— D’accord, alors fais comme ça : d’abord A, ensuite B, et tu peux aussi…
— Oui…

Samuel veut fournir une solution utile le plus vite possible. Olek n’a pas encore eu le temps de formuler la question à laquelle il a réellement besoin de répondre.

Qu’est-ce qu’Empatyzer vous apporte ?

Se préparer à un 1:1 ne prend que quelques instants lorsque Em indique sur quoi être attentif avec un interlocuteur précis. Une communication interpersonnelle fluide au travail repose sur la compréhension des traits et des besoins uniques de l’autre. Le système ne juge pas : il apporte son soutien exactement au moment où la conversation doit avoir lieu.

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Ce qui s’est vraiment passé

Olek commence par dire : « Je suis bloqué et je ne sais pas vraiment où est le problème. » Samuel passe presque immédiatement aux solutions. Il veut être utile et il possède de l’expérience, alors il propose option après option. Le problème est qu’il répond à une difficulté qu’il a déjà reconstruite dans sa tête avant qu’Olek ait pu la comprendre lui-même. Olek repart avec trois solutions possibles mais ne sait toujours pas ce qui est à l’origine de son blocage. Le problème revient. Ce n’est que lorsque Samuel commence à demander ce qu’Olek a déjà essayé et où, précisément, il s’est arrêté que la conversation aide Olek à voir lui-même le cœur de la difficulté.

Ce que dit la recherche

Soutenir quelqu’un peut consister à lui transmettre des connaissances, mais aussi à créer les conditions dans lesquelles cette personne analyse mieux sa propre situation. Les recherches sur le coaching professionnel suggèrent qu’un coaching bien conduit peut améliorer l’apprentissage et la performance, même si toutes les conversations de coaching ne fonctionnent pas de la même manière et que toutes les situations ne demandent pas du coaching (Jones, Woods & Guillaume, 2016 ; de Haan & Nilsson, 2023). Du point de vue de la motivation, les personnes fonctionnent généralement mieux lorsqu’elles conservent une marge de jugement et de résolution de problème plutôt que de recevoir uniquement des instructions (soutien à l’autonomie ; Slemp et al., 2018). Il ne s’agit pas d’appliquer la mode du « toujours questionner, jamais conseiller ». Il s’agit de respecter l’ordre : comprendre le problème d’abord, choisir ensuite entre question, conseil, instruction ou décision.

Comment aborder la situation

Un mentor peut commencer par trois questions : « Qu’essaies-tu exactement d’obtenir ? », « Qu’as-tu déjà essayé ? » et « Où es-tu réellement bloqué ? » Puis demander : « Tu veux que je t’aide à réfléchir ou tu veux ma solution ? » Si la situation est urgente ou risquée, un conseil direct peut être préférable. Si l’objectif est le développement, une solution donnée trop vite retire une partie de l’apprentissage. Règle générale : bien aider ne consiste pas à montrer le plus vite possible tout ce que le mentor sait, mais à augmenter la capacité de l’autre à traiter le problème.

Comment Empatyzer et Em peuvent aider

Empatyzer peut montrer à Samuel que sa rapidité à produire des solutions devient un véritable atout seulement une fois le problème correctement identifié. Le diagnostic et la comparaison des profils peuvent indiquer que Samuel pense naturellement à voix haute et génère immédiatement des options, tandis qu’Olek a d’abord besoin d’espace pour clarifier l’endroit où il bloque vraiment. Em peut proposer trois questions courtes, puis la plus importante : « Tu veux que je t’aide à réfléchir ou que je te donne ma solution ? » Le mentoring s’adapte alors à la situation plutôt qu’au style préféré du mentor. Les données d’équipe peuvent révéler des schémas similaires dans la manière d’aider, tandis que les microleçons renforcent la bonne séquence : identifier le besoin, puis choisir entre question, conseil, instruction ou décision.

Sources et recherches

  1. Gavin R. Slemp; Margaret L. Kern; Kent J. Patrick; Richard M. Ryan (2018). Leader autonomy support in the workplace: A meta-analytic review. Motivation and Emotion, 42(5), 706-724. https://doi.org/10.1007/s11031-018-9698-y DOI: 10.1007/s11031-018-9698-y
  2. Rebecca J. Jones; Stephen A. Woods; Yves R. F. Guillaume (2016). The effectiveness of workplace coaching: A meta-analysis of learning and performance outcomes from coaching. Journal of Occupational and Organizational Psychology, 89(2), 249-277. https://doi.org/10.1111/joop.12119 DOI: 10.1111/joop.12119
  3. Erik de Haan; Viktor O. Nilsson (2023). What Can We Know about the Effectiveness of Coaching? A Meta-Analysis Based Only on Randomized Controlled Trials. Academy of Management Learning & Education, 22(4), 641-661. https://doi.org/10.5465/amle.2022.0107 DOI: 10.5465/amle.2022.0107

Auteur: Empatyzer

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