« Qu’est-ce qui te fait sourire ? » — Un sourire sous stress n’est pas forcément du mépris

Discussion après une erreur de mise en œuvre. Anna est visiblement tendue. Karim explique calmement la suite et, à un moment, esquisse un léger sourire.

— Qu’est-ce qui te fait sourire ? — demande Anna immédiatement.
— Rien. Ça ne m’amuse pas.

Karim utilise le sourire pour relâcher la tension. Anna lit le même sourire comme un manque de sérieux.

Qu’est-ce qu’Empatyzer vous apporte ?

Em n’est ni une juge ni une contrôleuse, mais une guide virtuelle dans les méandres des relations humaines. Une communication interpersonnelle ouverte au travail dépend de la compréhension des intentions de l’autre, ce qu’un diagnostic large facilite. Une aide disponible immédiatement permet d’éclaircir les doutes liés aux projets au fil de l’eau.

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Ce qui s’est vraiment passé

Après une erreur visible par le client, Anna attend des signes clairs de sérieux : ton ferme, expression concentrée, plan de reprise précis. Lorsque la tension monte, Karim sourit légèrement. Il ne trouve pas la situation amusante ; adoucir l’interaction fait simplement partie de sa manière de réguler la tension. Anna ne voit que le comportement extérieur et lui attribue un autre sens : « Il ne comprend pas la gravité. » Le même mouvement du visage devient, pour l’un, une façon d’apaiser la situation et, pour l’autre, une preuve de désinvolture. Un profil peut rendre cette scène plausible, mais il ne peut jamais dire ce que signifie un sourire précis. Les profils rendent la scène particulièrement plausible : Karim est chaleureux, relationnel et calme sous pression, tandis qu’Anna est plus dure, plus orientée tâche et moins à l’aise pour lire les états des autres. Cela ne permet pourtant jamais de déduire la signification d’un sourire à partir du seul profil.

Ce que dit la recherche

Un sourire n’est pas un thermomètre simple du bonheur. Les recherches montrent qu’il peut remplir plusieurs fonctions sociales : récompenser, signaler l’affiliation, réduire la tension et, dans certains contextes, communiquer de la dominance — les sourires sont des signaux sociaux multifonctions (Martin et al., 2017). Des travaux plus anciens ont également observé davantage de sourires dans certaines situations gênantes ou désagréables, cohérents avec une fonction d’apaisement plutôt qu’avec le plaisir (Kraut & Johnston, 1981). Des expériences sur différents types de sourire montrent aussi que les observateurs leur attribuent des significations différentes (Rychlowska et al., 2017). Un sourire est donc un indice à vérifier, pas une lecture fiable de l’état intérieur.

Comment aborder la situation

Séparez d’abord l’expression du visage de la responsabilité concernant le problème. Anna peut dire : « Je te vois sourire et je l’interprète comme si tu minimisais la situation. Est-ce bien ce que tu veux dire ? » Karim peut répondre puis revenir immédiatement aux actes : « Non. C’est ma réaction au stress. Je prends le sujet au sérieux ; le correctif sera prêt à 14 h et ensuite j’appelle le client. » Règle générale : traitez l’expression faciale comme un indice à vérifier ; quand la responsabilité compte, accordez davantage de poids aux engagements et aux actions.

Comment Empatyzer et Em peuvent aider

Empatyzer peut aider Anna à ne pas construire un diagnostic de l’engagement de Karim à partir d’un seul sourire. Les profils peuvent montrer des différences d’expressivité et de régulation sous tension, mais Em doit traiter ces signaux comme des éléments à vérifier, jamais comme des preuves. Il peut suggérer à Anna de demander directement comment Karim évalue la gravité du problème et quel est son plan de reprise. Karim peut de son côté apprendre qu’un sourire en crise est particulièrement facile à interpréter autrement qu’il ne l’entend. Les microleçons apprennent aux deux parties à séparer la manière extérieure de vivre la tension du niveau réel de responsabilité, afin que la conversation revienne plus vite aux faits, au risque et à l’action.

Sources et recherches

  1. Jared D. Martin; Magdalena Rychlowska; Adrienne Wood; Paula M. Niedenthal (2017). Smiles as Multipurpose Social Signals. Trends in Cognitive Sciences, 21(11), 864-877. https://doi.org/10.1016/j.tics.2017.08.007 DOI: 10.1016/j.tics.2017.08.007
  2. Magdalena Rychlowska; Rachael E. Jack; Oliver G. B. Garrod; Philippe G. Schyns; Jared D. Martin; Paula M. Niedenthal (2017). Functional Smiles: Tools for Love, Sympathy, and War. Psychological Science, 28(9), 1259-1270. https://doi.org/10.1177/0956797617706082 DOI: 10.1177/0956797617706082
  3. Paul Goldenthal; Robert E. Johnston; Robert E. Kraut (1981). Smiling, appeasement, and the silent bared-teeth display. Ethology and Sociobiology, 2(3), 127-133. https://doi.org/10.1016/0162-3095(81)90025-X DOI: 10.1016/0162-3095(81)90025-X

Auteur: Empatyzer

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