« Tu lui demandes, à lui ? » — L’expert qui sait dire « je ne sais pas »
Avant une réunion client, Jonas et Marek examinent un problème technique. Jonas s’arrête sur un point.
— Là, je ne vais pas deviner. Olek connaît cette bibliothèque mieux que moi.
— Tu vas lui demander, à lui ? — s’étonne Marek.
Sans gêne, Jonas demande de l’aide à Olek, moins senior. Marek se demande si un expert qui dit « je ne sais pas » n’affaiblit pas sa propre position.
Qu’est-ce qu’Empatyzer vous apporte ?
De petites micro-leçons aident à ancrer de bonnes habitudes dans le rythme naturel de la journée. La communication interpersonnelle au travail devient plus simple lorsque les conseils d’Em s’appuient sur un diagnostic précis du style de fonctionnement des collègues. Cela renforce le sentiment de sécurité psychologique dans l’équipe.
Voir la vidéo sur YouTubeCe qui s’est vraiment passé
Jonas est expérimenté, mais ne prétend pas que son expérience couvre chaque détail technique. Lorsque Olek maîtrise mieux un domaine précis, il lui demande. Marek utilise une autre définition de l’expertise : un statut élevé et une longue expérience devraient, selon lui, aller le plus souvent avec la réponse. « Je ne sais pas, demandons à Olek » peut donc augmenter la crédibilité de Jonas à ses propres yeux tout en la diminuant aux yeux de Marek. Le désaccord porte sur une question simple : la compétence consiste-t-elle à posséder les réponses, ou aussi à connaître la frontière de son savoir et à savoir où se trouve la meilleure information ?
Ce que dit la recherche
Les recherches sur les leaders qui posent des questions montrent précisément cette ambiguïté. Demander peut diminuer la perception de compétence, surtout lorsque celle-ci est déjà mise en doute, tout en augmentant la perception d’humilité et potentiellement la confiance (Cojuharenco & Karelaia, 2020). D’autres travaux montrent que les préoccupations de statut peuvent réellement décourager la recherche d’aide, notamment lorsque le monde du travail est perçu comme un jeu à somme nulle où le gain d’un autre ressemble à une perte pour soi (Davidai, 2025). La même action peut donc signaler simultanément un manque de connaissance locale et une forme de maturité intellectuelle.
Comment aborder la situation
Rendez visible la distinction entre responsabilité et connaissance : « Je porte la décision, mais Olek connaît mieux cette partie que moi. » L’équipe peut aussi valoriser non seulement les réponses rapides, mais la capacité à identifier la personne qui possède les meilleures données ou la meilleure expertise. Les responsables peuvent normaliser la phrase « je ne sais pas encore ». Règle générale : un expert n’a pas besoin d’être celui qui sait tout ; il doit savoir quand répondre, quand vérifier et quand donner la parole à quelqu’un qui en sait davantage sur ce point précis.
Comment Empatyzer et Em peuvent aider
Empatyzer peut aider l’équipe à séparer le statut de l’obligation d’avoir toutes les réponses. Les motivations liées au statut, à l’indépendance, à la curiosité et à la hiérarchie peuvent faire de la demande à un collègue plus junior un signe de maturité pour l’un et une menace pour l’autorité pour l’autre. Em peut aider Jonas à utiliser un langage qui protège la responsabilité tout en reconnaissant le savoir d’Olek : « Tu connais mieux ce domaine ; montre-moi ce que je rate. » Empatyzer ne juge pas les compétences techniques ; il aide l’équipe à utiliser le savoir réellement disponible sans anxiété de statut inutile. Em peut aussi aider Olek à ne pas interpréter la question comme une preuve d’incompétence. Empatyzer ne choisit pas le « meilleur expert » : il aide les personnes à utiliser sans danger le savoir là où il se trouve réellement. Les microleçons renforcent l’habitude de demander sans perdre la face.
Sources et recherches
- Irina Cojuharenco; Natalia Karelaia (2020). When leaders ask questions: Can humility premiums buffer the effects of competence penalties?. Organizational Behavior and Human Decision Processes, 156, 113-134. https://doi.org/10.1016/j.obhdp.2019.12.001 DOI: 10.1016/j.obhdp.2019.12.001
- Shai Davidai (2025). Going at it alone: Zero-sum beliefs inhibit help-seeking. Journal of Experimental Social Psychology, 117, 104714. https://doi.org/10.1016/j.jesp.2024.104714 DOI: 10.1016/j.jesp.2024.104714
Auteur: Empatyzer
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