« Le café dans notre langue » — langue maternelle et sentiment d’exclusion

Pause-café. Amira discute naturellement avec une collègue dans sa langue maternelle. Maja, debout à côté, ne comprend rien.

— Quand vous passez dans votre langue, j’ai l’impression de ne plus faire partie de l’équipe.
— Et pour moi, c’est le premier moment de la matinée où je n’ai plus à surveiller chaque phrase.

Pour Amira, c’est une respiration. Pour Maja, le même moment rend soudain visible la frontière du groupe.

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Ce qui s’est vraiment passé

Amira travaille presque toute la journée dans une langue qui n’est pas sa langue première. Pendant une pause, revenir à sa langue maternelle peut simplement lui offrir du repos : moins d’effort, plus de spontanéité, des plaisanteries qui fonctionnent sans traduction. Maja est assise à côté et ne peut pas suivre. Même si personne ne cherche à l’exclure, elle se trouve physiquement avec le groupe tout en étant hors de la conversation. Le même changement de langue peut donc soulager une personne et faire sentir à une autre qu’elle se trouve à la lisière du groupe.

Ce que dit la recherche

Les chercheurs parlent d’ostracisme linguistique lorsque des collègues utilisent, en présence d’une personne, une langue qu’elle ne comprend pas et que cette personne vit la situation comme une exclusion, même si la conversation ne la concerne pas et qu’aucune mauvaise intention n’est présente. Fiset et Bhave ont montré que le simple choix d’une langue incompréhensible peut être interprété comme une prise de distance. Une réplication et extension publiée en 2026 reprend précisément le cas d’un groupe qui, pendant une pause, passe d’une langue commune à une langue parlée seulement par certains membres (Fiset & Bhave, 2021/2026). Point essentiel : l’effet ne prouve pas l’intention. Amira peut ne vouloir exclure personne et Maja peut néanmoins se sentir réellement mise à l’écart.

Comment aborder la situation

La réponse ne devrait pas être d’interdire les langues maternelles pendant toutes les pauses. Ce serait inutile et souvent injuste. Il est plus utile de regarder qui participe au moment. Si une personne à la table ne comprend pas la langue et que la conversation est commune, revenir à la langue partagée — ou l’inclure brièvement dans le sujet — est un geste naturel. Si deux personnes ont une conversation privée à côté, elles peuvent évidemment parler comme elles le souhaitent. Règle générale : la langue est à la fois un espace de confort et une frontière d’accès ; ne contrôlez pas la langue des autres, mais remarquez le moment où « notre conversation » devient involontairement « leur conversation ».

Comment Empatyzer et Em peuvent aider

Empatyzer peut aider l’équipe à tenir ensemble les deux coûts réels de cette situation. Pour Amira, utiliser sa langue maternelle peut réduire l’effort et rendre la parole plus naturelle ; pour la personne assise à côté, une conversation incompréhensible peut créer un sentiment d’exclusion. Le système ne doit jamais deviner le niveau linguistique d’une personne ni inférer une intention à partir de son pays d’origine. Em peut plutôt aider l’équipe à convenir d’une règle simple selon le contexte : une pause privée peut rester réellement privée, mais dans un échange de travail — ou lorsqu’une personne présente doit pouvoir participer — on revient à la langue commune. Culture-8 apporte le contexte relationnel plus large, et les microleçons apprennent à distinguer le droit d’utiliser sa langue de l’exclusion involontaire des autres.

Sources et recherches

  1. John Fiset; Devasheesh P. Bhave (2026). The effects of linguistic ostracism on job performance: A replication and an extension. Journal of Management Scientific Reports, 4(1), 72-100. https://doi.org/10.1177/27550311251399174 DOI: 10.1177/27550311251399174

Auteur: Empatyzer

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