« Mais je t’ai dit que c’était bien » — quand rassurer ne suffit pas

Après avoir terminé une tâche, Maja écrit à Helena.

— Tu es sûre que je fais ça assez bien ?
— Oui. Si je pensais le contraire, je te le dirais.

Le lendemain, Maja pose à nouveau la question. Helena suppose que la réponse de la veille reste valable ; Maja cherche un nouveau moment de certitude.

Qu’est-ce qu’Empatyzer vous apporte ?

Em aide à se préparer à une conversation difficile en quelques minutes, sans attendre un créneau chez un mentor. Une bonne formation à la communication interpersonnelle repose sur le diagnostic des styles de pensée et des besoins des deux parties, et non sur des généralités. Cela permet d’éviter des tensions inutiles et de renforcer la confiance dans l’équipe.

Voir la vidéo sur YouTube

Ce qui s’est vraiment passé

Maja demande à Helena si son travail est suffisamment bon. Elle reçoit un oui clair et se sent réellement soulagée pendant un moment. Le lendemain apporte une nouvelle incertitude et le doute revient. Helena comprend la situation autrement : si elle a dit hier que le travail était bon, son évaluation reste valable tant que rien ne change. En pratique, elles utilisent la même question pour deux fonctions différentes. Helena fournit une information sur la qualité du travail. Maja s’en sert aussi pour faire baisser l’incertitude du moment. Voilà pourquoi la même reassurance peut aider brièvement sans régler la raison pour laquelle la question revient.

Ce que dit la recherche

La psychologie décrit les demandes répétées visant à confirmer que quelque chose est sûr, correct ou sans danger alors qu’une réponse rassurante a déjà été donnée — phénomène souvent appelé excessive reassurance seeking. Les recherches suggèrent que la réassurance peut réduire la détresse à court terme alors que le besoin de demander revient ensuite (Salkovskis & Kobori, 2015 ; Rector et al., 2019). Une grande partie de ces travaux vient des contextes d’anxiété et de TOC ; il ne faut donc ni diagnostiquer Maja ni transposer directement ces résultats à une relation ordinaire au travail. Le modèle reste utile parce qu’il distingue une information qui apporte réellement de nouvelles données d’une confirmation qui sert surtout à calmer l’incertitude pendant un temps.

Comment aborder la situation

Au lieu de répondre chaque jour à « c’est toujours bon ? », construisez un système d’information stable : critères explicites de bon travail, moment régulier de retour et règle claire sur les situations dans lesquelles le manager signalera lui-même un problème. Maja n’a alors plus besoin de sonder en permanence le climat émotionnel de la relation. Helena peut dire : « Tant que je ne te donne pas un signal différent, considère que la dernière évaluation reste valable. » Règle générale : lorsque la même demande de confirmation revient sans nouvelle information, cessez de compter uniquement sur des paroles rassurantes et créez un système qui permet à la personne de reconnaître elle-même quand le travail est suffisamment bon.

Comment Empatyzer et Em peuvent aider

Empatyzer peut aider Helena et Maja à comprendre qu’un nouveau « tu es sûre que c’est bon ? » ne signifie pas nécessairement que Maja ne fait pas confiance à Helena ni qu’elle manque de compétence. Un profil peut indiquer que l’incertitude lui coûte davantage, mais Em ne doit ni diagnostiquer de l’anxiété ni jouer le rôle de thérapeute. Il peut en revanche transformer la demande de réassurance en calibration objective : « Vérifions trois critères. S’ils sont remplis, nous considérons le texte terminé et nous ne rouvrons pas la question sauf si une information nouvelle apparaît. » Helena cesse d’être l’unique source d’un soulagement temporaire, tandis que Maja obtient un standard auquel revenir seule. Les microleçons aident à bâtir la confiance sur des critères clairs et son propre jugement plutôt que sur un emprunt permanent de certitude à quelqu’un d’autre.

Sources et recherches

  1. Paul M. Salkovskis; Osamu Kobori (2015). Reassuringly calm? Self-reported patterns of responses to reassurance seeking in obsessive compulsive disorder. Journal of Behavior Therapy and Experimental Psychiatry, 49(Pt B), 203-208. https://doi.org/10.1016/j.jbtep.2015.09.002 DOI: 10.1016/j.jbtep.2015.09.002
  2. Neil A. Rector; Danielle E. Katz; Lena C. Quilty; Judith M. Laposa; Kelsey Collimore; Tatjana Kay (2019). Reassurance seeking in obsessive compulsive disorder: Associations with obsessive beliefs, symptoms, and cognitive-behavioral therapy response. Journal of Anxiety Disorders, 67, 102109. https://doi.org/10.1016/j.janxdis.2019.102109 DOI: 10.1016/j.janxdis.2019.102109

Auteur: Empatyzer

Publié:

Mis à jour:

 

""