Pourquoi les mauvaises nouvelles n’atteignent pas le chef

TL;DR: Les personnes peuvent retarder une mauvaise nouvelle par crainte de la réaction, du jugement ou d’être associées au problème. Dans une hiérarchie, des reformulations prudentes successives déforment la situation. Des seuils clairs de signalement et une réaction du responsable qui distingue réception de l’information et attribution des responsabilités peuvent aider.

Comment Empatyzer aide-t-il à transmettre une information difficile ?

Empatyzer vous aide à préparer un message difficile et à réfléchir à la manière d’accueillir le signalement d’un problème.

Fonctionnalités qui peuvent vous aider :

  • Parler à Em d’une personne précise : Vous aide à formuler clairement un risque en tenant compte de la relation et du profil disponible du destinataire.
  • Parler à Em de vous-même : Vous aide à préparer une réponse calme à une mauvaise nouvelle et à distinguer votre réaction émotionnelle de la décision nécessaire.

Le risque disparaît au fil des comptes rendus

Une spécialiste dit à son responsable que le délai est peu réaliste sans renfort. Celui-ci explique au directeur que l’équipe traverse une semaine difficile mais cherche une solution. Le directeur rapporte que le projet demande de l’attention. Au sommet, tout paraît encore maîtrisable. Personne n’a nécessairement menti. Chacun a pu atténuer ses mots pour ne pas sembler alarmiste ou transmettre un problème avant d’essayer de le résoudre. L’effet MUM désigne la réticence à communiquer des nouvelles indésirables. Au travail, il peut se conjuguer à la hiérarchie et au souci de son image. Il est plus étroit que le silence général des salariés, qui inclut aussi les idées, remarques et objections non exprimées. Parfois l’information n’est jamais dite ; parfois elle l’est si prudemment que son importance disparaît. Chaque niveau ajoute ses suppositions sur ce que le suivant veut entendre. Le responsable pense que le directeur attend une solution prête, le directeur que la direction ne veut que le statut final. Les conditions et incertitudes essentielles à la décision disparaissent. Il faut donc permettre au reporting de dire « nous ne savons pas encore » et d’indiquer quand la réponse arrivera. L’incertitude n’est pas un manque de préparation. Un statut rigoureux peut contenir une hypothèse et un besoin de vérification. Si seuls les messages certains et rassurants sont acceptables, l’organisation reçoit une image verbalement ordonnée mais de moins en moins utile à la gestion du risque réel.

Ce qui complique le rôle du messager

Lee a analysé la transmission des mauvaises nouvelles dans les hiérarchies, tandis que Milliken, Morrison et Hewlin ont étudié pourquoi les salariés taisent les problèmes. Ces travaux éclairent la peur du jugement et de la réaction d’autrui, sans signifier que tout retard vient de la peur du chef. L’incertitude des données ou l’absence de destinataire clair peuvent aussi l’expliquer. Lee, 1993 ; Milliken et al., 2003. Un salarié peut craindre de paraître incapable de gérer sa tâche. Un responsable peut redouter de nuire à la réputation du service. Le problème est souvent encore incertain : le délai est menacé sans être perdu, le client mécontent sans avoir résilié. C’est précisément alors que l’information est la plus utile et la plus facile à différer jusqu’à la certitude.

La première réaction devient une consigne pour l’avenir

Si le manager répond par l’ironie ou demande publiquement « comment as-tu pu laisser cela arriver ? », chacun retient le coût d’être messager. Une déclaration d’ouverture ultérieure n’efface pas l’expérience. Accueillir calmement l’information permet d’établir d’abord les faits, sans louer chaque alerte ni abandonner la responsabilité. Révéler le risque n’est pas traité comme une faute. On peut répondre : « Merci pour le signal. Que savons-nous, qu’ignorons-nous encore et quand faut-il décider ? ». Les causes et la conduite du travail seront examinées ensuite. S’il y a eu négligence, elle pourra être analysée à partir des faits. Fusionner ces conversations dès le signalement tarit les données : le messager prépare sa défense au lieu de décrire la situation. Vérifier l’information ne signifie pas la discréditer. On peut demander les données, la source et d’autres explications sans suggérer l’exagération. Un signal précoce ne peut pas toujours être prouvé au-delà de tout doute. Le degré de certitude requis doit correspondre au stade : suspicion et problème confirmé se signalent différemment, mais tous deux sont utiles si leur statut est clair. On maintient ainsi la rigueur sans exiger du messager un savoir encore indisponible.

Ne pas exiger une solution prête pour chaque alerte

La règle « viens avec une solution, pas un problème » peut encourager l’autonomie, mais retarde des signaux essentiels si elle ne souffre aucune exception. Un spécialiste peut reconnaître un danger sans avoir les prérogatives ou ressources nécessaires pour le supprimer. Dans notre exemple, le renfort relève du responsable. Exiger que le salarié règle d’abord la difficulté maintient l’information à un niveau incapable d’agir. L’équipe peut convenir de seuils : quel retard, risque qualité ou dépendance doit être rapidement signalé ? Un ensemble minimal de données peut réunir observation, conséquence possible, degré de certitude et décision nécessaire. Dire « nous risquons deux semaines de retard sans renfort d’ici vendredi » informe mieux que « nous travaillons sur des difficultés ».

Vérifier que l’information ne perd pas son sens en chemin

Dans une hiérarchie, il faut comparer le résumé au signal initial. La condition du délai reste-t-elle visible, le degré de certitude a-t-il changé et le décideur connaît-il l’échéance de réaction ? Il ne s’agit pas de contourner tous les responsables, mais de préserver les données essentielles. Résumer raccourcit le message, cela n’en améliore pas l’humeur. L’auteur peut confirmer que le sens demeure. Le responsable doit aussi boucler la circulation : si un salarié signale sans jamais savoir ce qui est décidé, il jugera l’effort vain. Une brève réponse sur la décision, le report ou le besoin de données montre que le signal a eu un destinataire. Il faut vérifier que le système de statut ne récompense pas le maintien artificiel d’une image positive. Si passer au statut « à risque » ressemble à l’échec personnel du responsable, l’information sera différée. Le statut doit plutôt signaler une décision nécessaire. Il faut également reconnaître les alertes justes même si la réaction a empêché le problème. L’absence de panne ne prouve pas que l’alarme était inutile ; elle peut montrer qu’elle est arrivée à temps. L’organisation doit apprendre de ces cas et pas seulement célébrer les sauvetages spectaculaires.

Les mauvaises nouvelles sont parfois retardées et atténuées avant d’atteindre la personne capable d’agir. Une bonne communication du risque exige des règles claires et une réaction prévisible du destinataire. Le signal le plus précieux apparaît souvent quand le problème reste incertain mais qu’il est encore possible d’en infléchir le cours.

Empatyzer pour transmettre une information difficile

Empatyzer peut aider à préparer un message sur un risque et la manière de l’accueillir. Dans Parler à Em d’une personne précise, l’utilisateur peut réunir observation, conséquence possible, degré de certitude et décision attendue. Le profil aide à adapter la forme sans atténuer les faits. Le responsable peut utiliser Parler à Em de vous-même pour préparer une première réponse qui recueille les informations avant de juger les responsabilités et prévoir comment boucler l’échange. Empatyzer ne surveille pas le projet et ne détecte pas les retards. Les données viennent des responsables du travail. Définir les seuils, fournir les ressources et décider de la réaction demeure la tâche de l’organisation et de sa direction.

Sources et recherches

  1. Fiona Lee (1993). Being Polite and Keeping MUM: How Bad News is Communicated in Organizational Hierarchies1. Journal of Applied Social Psychology, 23(14), 1124-1149. https://doi.org/10.1111/j.1559-1816.1993.tb01025.x DOI: 10.1111/j.1559-1816.1993.tb01025.x
  2. Frances J. Milliken; Elizabeth W. Morrison; Patricia F. Hewlin (2003). An Exploratory Study of Employee Silence: Issues that Employees Don’t Communicate Upward and Why*. Journal of Management Studies, 40(6), 1453-1476. https://doi.org/10.1111/1467-6486.00387 DOI: 10.1111/1467-6486.00387

Auteur: Empatyzer

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