« La confiance ne se décrète pas » : la vie privée n’est pas une obligation d’équipe

Atelier d’équipe. Samuel affiche une question : « Quelle a été votre expérience personnelle la plus difficile de l’année ? »

— Chacun va raconter quelque chose qui a été vraiment difficile pour lui. J’aimerais qu’on soit plus ouverts entre nous.
— Tout le monde est obligé ? — demande Tomasz.

Samuel veut créer de la confiance par le dévoilement personnel. Tomasz pense au contraire que ce dévoilement n’a de valeur que s’il peut décider lui-même quoi dire, quand et à qui.

Qu’est-ce qu’Empatyzer vous apporte ?

Les personnes s’ouvrent davantage lorsqu’elles se sentent comprises par leurs responsables. Em aide à choisir des arguments adaptés à la personnalité de l’interlocuteur, tout en respectant les limites de la vie privée. C’est plus qu’une formation théorique à la communication interne, car les conseils s’appliquent « ici et maintenant ». Le manager gagne en sérénité et en confiance : son message sera mieux reçu. Moins de non-dits, c’est plus d’efficacité pour tout le service.

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Ce qui s’est vraiment passé

Samuel veut que les membres de l’équipe cessent de n’être les uns pour les autres que des rôles professionnels. Il suppose que partager des histoires personnelles réduira la distance et renforcera la confiance. Tomasz ne dit pas que la vie privée est sacrée ni qu’il ne se confie jamais. Son point est plus fondamental : pour lui, le dévoilement a précisément de la valeur parce qu’il choisit lui-même à qui il parle et à quel moment. Quand un manager organise un tour de table obligatoire de confidences personnelles, un geste volontaire de confiance devient une tâche à accomplir. Et cela en change le sens.

Ce que dit la recherche

Les recherches sur la confiance montrent que pouvoir partager des informations personnelles peut constituer une part importante d’une relation proche et sûre au travail, parfois étudiée sous le terme de confiance fondée sur le dévoilement de soi (disclosure-based trust). En parallèle, les travaux sur la vie privée en organisation montrent que les salariés élaborent leurs propres règles sur ce qu’ils révèlent, à qui et dans quelles circonstances, en fonction notamment du risque, de la relation et de la culture de l’entreprise — une approche issue de la communication privacy management (Smith & Brunner, 2017). Des expériences montrent même que refuser de révéler une information peut diminuer la confiance que les observateurs accordent à la personne, ce qui crée une pression sociale à parler (John et al., 2016). En revanche, il n’existe pas de preuve solide que des ateliers de « vulnérabilité » obligatoires construisent la confiance. L’ensemble des résultats suggère plutôt que garder le contrôle sur ce que l’on dévoile fait partie du processus même de confiance.

Comment aborder la situation

Un exercice peut inviter à l’ouverture tout en offrant une véritable possibilité de passer son tour. On peut aussi proposer plusieurs niveaux de profondeur : une situation professionnelle difficile, quelque chose de plus personnel, ou simplement une réflexion sur le travail. Le manager ne doit pas ensuite pénaliser ou juger la personne qui a choisi d’en dire moins. La règle générale : on peut inviter à la confiance, mais difficilement l’ordonner. Plus l’information est personnelle, plus il est important que chacun garde la maîtrise de sa propre limite.

Comment Empatyzer et Em peuvent aider

Empatyzer peut aider Samuel à construire la confiance sans transformer la vie privée en exercice collectif obligatoire. Les profils peuvent faire apparaître des différences dans le besoin de proximité, de contact social, d’autonomie ou de contrôle sur ses propres limites, mais personne ne doit avoir accès aux résultats bruts d’un autre ni être poussé à faire des confidences personnelles. Em peut proposer une autre voie : créer des occasions de mieux se connaître avec plusieurs niveaux de participation, depuis la manière de travailler jusqu’à des histoires plus personnelles pour ceux qui souhaitent réellement les partager. Cela correspond à la logique même de confidentialité d’Empatyzer : le système peut aider une relation sans exposer à l’un le profil privé de l’autre. Les microleçons rappellent que la confiance grandit grâce à la prévisibilité, à la sécurité et au libre choix, pas parce que chacun a révélé la même quantité de sa vie privée.

Sources et recherches

  1. Stephanie A. Smith; Steven R. Brunner (2017). To Reveal or Conceal: Using Communication Privacy Management Theory to Understand Disclosures in the Workplace. Management Communication Quarterly, 31(3), 429-446. https://doi.org/10.1177/0893318917692896 DOI: 10.1177/0893318917692896
  2. Leslie K. John; Kate Barasz; Michael I. Norton (2016). Hiding personal information reveals the worst. Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, 113(4), 954-959. https://doi.org/10.1073/pnas.1516868113 DOI: 10.1073/pnas.1516868113
  3. Judy Qiu; Selin Kesebir; Gül Günaydin; Emre Selçuk; S. Arzu Wasti (2022). Gender differences in interpersonal trust: Disclosure behavior, benevolence sensitivity and workplace implications. Organizational Behavior and Human Decision Processes, 169, 104119. https://doi.org/10.1016/j.obhdp.2022.104119 DOI: 10.1016/j.obhdp.2022.104119

Auteur: Empatyzer

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