Reconnaître l’âgisme au travail et juger sans préjugés

TL;DR: L’âgisme englobe les stéréotypes, les préjugés et les inégalités de traitement liés à l’âge. Il ne se confond ni avec une différence réelle d’expérience ni avec la description d’une génération. Il peut limiter l’accès aux missions, à l’apprentissage et à l’influence. Des critères fondés sur les compétences, la vérification des présupposés et une discussion sur les besoins de la personne peuvent le réduire.

Comment Empatyzer aide-t-il à parler du travail sans étiquette liée à l’âge ?

Empatyzer vous aide à préparer une conversation sur les attentes et le développement en vous concentrant sur les différences entre des personnes précises.

Fonctionnalités qui peuvent vous aider :

  • Comparaison : Montre les différences individuelles dans la manière d’agir au lieu de les réduire à l’âge ou à une étiquette générationnelle.
  • Parler à Em d’une personne précise : Vous aide à formuler des questions sur les besoins, les compétences et la disposition à assumer de nouvelles tâches.

Deux refus fondés sur un mécanisme similaire

Une jeune spécialiste s’entend dire qu’il est encore trop tôt pour rencontrer la direction, bien qu’elle connaisse très bien le projet. Un collègue plus âgé n’est pas invité à une formation sur un nouvel outil, car « il ne voudra probablement pas changer sa manière de travailler ». Dans ces deux exemples, l’âge peut remplacer l’examen de la disponibilité et des besoins. Cela ne signifie pas que toute différence de décision soit injustifiée. Il faut toutefois être capable de nommer une compétence ou une exigence précise plutôt que de considérer l’âge comme une explication suffisante. L’âgisme peut concerner les croyances relatives à un groupe d’âge, les attitudes émotionnelles et les comportements envers ses membres. L’âge est effectivement lié à une étape de vie et souvent à l’expérience, mais il ne décrit pas tout le profil d’une personne. Deux salariés du même âge peuvent différer par leur ancienneté, leur santé, leurs compétences et leurs projets. De même, une personne plus jeune peut avoir davantage d’expérience avec un outil particulier, tandis qu’une personne plus âgée peut débuter dans un nouveau domaine. Les catégories aident à organiser les données, mais ne doivent pas remplacer les informations individuelles. L’âge peut être pertinent dans certains contextes, sans se substituer à l’évaluation d’une compétence précise. La durée de l’expérience n’indique pas automatiquement si quelqu’un maîtrise une technologie, pas plus que la jeunesse ne prouve l’aisance numérique. Le besoin d’horaires flexibles peut aussi apparaître à différents moments de la vie. Il vaut donc mieux interroger l’exigence que recourir au raccourci de la catégorie. Si une tâche impose d’apprendre rapidement un nouveau système, on peut examiner les expériences antérieures et la manière de résoudre les problèmes. Inutile de prédire le résultat à partir de l’âge. Cette approche révèle aussi les différences entre personnes d’un âge comparable qu’un stéréotype générationnel dissimule facilement à l’évaluateur et à toute l’équipe.

Pourquoi les étiquettes générationnelles ne résolvent rien

Le récit d’une « génération qui ne veut pas travailler » ou d’une « génération hostile au changement » peut sembler explicatif, mais fusionne aisément des phénomènes différents. Les observations mêlent l’âge, l’étape de carrière, la situation économique et les conditions propres à l’organisation. Si les nouvelles recrues interrogent plus souvent le sens d’une tâche, nous ignorons encore si cela tient à leur année de naissance, à un manque d’information, à une expérience différente ou à la culture de l’équipe. Une conversation utile part du comportement et du contexte, non de la génération attribuée. La revue systématique et la méta-analyse de Bae et Choi étudient les liens entre l’âge et l’âgisme au travail. La littérature ne justifie pas une division simple où un groupe serait seul à avoir des préjugés et l’autre ne ferait que les subir. Dans la pratique, il faut avant tout examiner les évaluations et décisions concrètes. Une équipe mêlant plusieurs âges n’est pas automatiquement exempte de stéréotypes. Bae et Choi, 2023.

Le stéréotype peut se cacher derrière la sollicitude

« Nous ne vous imposerons pas cette nouvelle technologie » peut paraître bienveillant tout en privant quelqu’un d’une occasion d’apprendre. « Attendez d’avoir davantage d’expérience de la vie » peut remplacer un retour précis sur la préparation au rôle. Dans les deux cas, la personne ne sait pas ce qu’elle doit faire pour que la décision puisse changer. Si le seul obstacle est l’âge, la voie reste fermée indépendamment de ses actions. Il convient donc de demander des critères observables et la manière de les vérifier. Un compliment peut également contenir des attentes moindres : « Pour votre âge, vous vous débrouillez très bien. » Mieux vaut préciser ce qui était réussi. Il ne s’agit pas d’interdire toute mention de l’âge, mais de ne pas en faire l’explication par défaut des compétences. Une personne peut souhaiter parler elle-même de ses projets de retraite, de ses premières expériences professionnelles ou de besoins liés à une étape de sa vie. La conversation doit partir de sa situation et non d’une liste préétablie de caractéristiques attribuées à son groupe. Le stéréotype peut influer non seulement sur l’embauche, mais aussi sur l’accès à l’apprentissage. Si un manager suppose qu’un salarié âgé ne veut plus progresser, il risque de ne lui proposer aucune formation. Le manque ultérieur de connaissances à jour semblera alors confirmer l’hypothèse initiale. Un mécanisme similaire peut toucher une personne plus jeune à qui aucune responsabilité n’est confiée parce qu’elle est jugée immature. Il faut vérifier si le salarié a réellement refusé une possibilité ou s’il ne l’a jamais reçue. Cela n’oblige pas à attribuer des tâches identiques à tous. Il s’agit d’évaluer individuellement les dispositions, les besoins et les compétences avant de justifier une limitation des chances par une caractéristique qui, en elle-même, n’explique pas la capacité à accomplir le travail.

Comment vérifier les décisions de développement

Le manager peut examiner qui reçoit les formations, les projets et les retours de développement. Propose-t-on surtout aux salariés âgés de transmettre leurs connaissances et aux plus jeunes de se contenter d’exécuter ? Chacun peut-il exprimer ses aspirations ? Des rôles différents peuvent avoir du sens, mais ils ne doivent pas être imposés en fonction de l’âge sans discussion. Il faut aussi garder à l’esprit que l’absence antérieure d’accès à l’apprentissage peut ensuite être interprétée à tort comme une incapacité à apprendre. Une bonne pratique consiste à décrire l’exigence dans le langage de la tâche. Au lieu de dire « nous avons besoin de quelqu’un de plus mûr », on peut préciser la capacité à mener une conversation difficile, à décider ou à travailler dans l’incertitude, puis l’évaluer chez les candidats. Si une restriction répond à une exigence précise du poste, elle doit être mesurée par une méthode appropriée. Un présupposé général fondé sur l’âge remplace mal cette évaluation, même s’il conduit parfois par hasard au bon choix.

Comment réagir à une remarque sur l’âge

On peut ramener calmement la discussion au critère : « Qu’est-ce qui, précisément, manque encore à ma préparation ? » ou « Je souhaite décider moi-même si je veux participer à cette formation ». Un témoin peut demander : « Savons-nous que cette personne n’est pas intéressée ou le supposons-nous ? ». Il n’est pas nécessaire que cette réaction déclenche immédiatement un conflit sur les intentions. Elle permet de vérifier si la décision se fonde sur des faits. Si l’inégalité de traitement se répète, il peut être nécessaire d’utiliser la voie organisationnelle appropriée en décrivant les événements précis et leurs conséquences. Dans une discussion sur le développement, les mêmes questions peuvent être posées à différentes personnes : que souhaitent-elles apprendre, quelles missions les intéressent et de quel soutien ont-elles besoin ? Les réponses différeront peut-être, mais selon les déclarations et l’expérience des personnes concernées. Il faut aussi repérer les commentaires apparemment bienveillants qui pérennisent la répartition des rôles entre générations. Tous les jeunes salariés ne veulent pas prendre en charge chaque nouveauté, pas plus que tous les plus âgés ne souhaitent apaiser les conflits et transmettre les traditions. L’équipe peut profiter de la diversité des expériences sans imposer ces fonctions. Il faut revenir aux compétences et aux préférences et, en cas de doute, les vérifier dans la tâche plutôt que de prendre une première impression pour une base de décision suffisante.

L’âge peut faire partie du contexte, mais ne doit pas remplacer l’évaluation de la personne. Réduire l’âgisme suppose de vérifier les compétences, d’interroger les aspirations et d’ouvrir l’accès à l’apprentissage. Une bonne gestion des différences commence par des personnes concrètes, et non par des récits sur ce qu’une génération serait « toujours ».

Empatyzer pour une conversation sans étiquette générationnelle

Empatyzer peut aider à préparer un échange fondé sur les différences individuelles. Comparaison présente les profils disponibles de deux personnes et permet d’examiner leurs différentes manières de communiquer ou d’agir sans les expliquer par le seul âge. Dans Parler à Em d’une personne précise, l’utilisateur peut préparer des questions sur les besoins de développement, les attentes et la disposition à assumer de nouvelles tâches. Il est utile de vérifier si son message contient des suppositions que son interlocuteur n’a jamais confirmées. Empatyzer n’évalue pas les qualifications professionnelles à partir de la psychométrie et ne remplace pas une évaluation rigoureuse du travail. Il ne détermine pas non plus si une décision précise répond aux critères juridiques de la discrimination. Son rôle est de soutenir une communication qui laisse place à la réponse réelle de la personne. Les décisions de développement et de responsabilité doivent ensuite se fonder sur les exigences de la tâche, les compétences vérifiées et des possibilités d’action clairement convenues.

Sources et recherches

  1. Sangkyung Bae; Moon Choi (2023). Age and Workplace Ageism: A Systematic Review and Meta-Analysis. Journal of Gerontological Social Work, 66(6), 724-738. https://doi.org/10.1080/01634372.2022.2161685 DOI: 10.1080/01634372.2022.2161685

Auteur: Empatyzer

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