Quand le savoir collectif ne suffit pas à décider

TL;DR: Un groupe peut prendre une mauvaise décision tout en possédant collectivement les informations nécessaires à un meilleur choix. Dans les recherches sur les profils cachés, les participants accordent souvent davantage d’attention aux connaissances communes qu’aux informations détenues par une seule personne. Il est utile de recueillir les faits avant d’annoncer les préférences et d’inviter explicitement chacun à compléter le tableau.

Comment Empatyzer aide-t-il à préparer une réunion qui mobilise le savoir de l’équipe ?

Empatyzer vous aide à préparer une conversation où différentes personnes peuvent apporter leur perspective. Il ne remplace pas l’évaluation de fond des informations.

Fonctionnalités qui peuvent vous aider :

  • Parler à Em de votre équipe : Vous aide à préparer les questions et le déroulement d’une réunion qui encouragent la présentation des données manquantes.
  • Parler à Em d’une personne précise : Vous aide à inviter une personne à s’exprimer en tenant compte de son profil disponible et du contexte de coopération.

Chacun possède un fragment qui manque aux autres

Une équipe choisit un fournisseur de système. Tous connaissent le prix attractif et la présentation réussie de l’entreprise A. La spécialiste de la sécurité connaît une faille, le service client les limites du support et la personne chargée de l’intégration un coût supplémentaire. Pris isolément, chaque élément ressemble à une réserve face à un choix globalement bon. Ensemble, ils pourraient changer la décision. Sans mise en commun, la réunion aboutira à un accord fondé sur un tableau incomplet. C’est le problème du profil caché. Dans les tâches de recherche, l’information est répartie de sorte que la meilleure solution n’apparaît qu’après son échange. Il ne s’agit donc pas d’un simple manque de données : elles existent dans le groupe, mais n’entrent pas toutes dans la réflexion commune ou ne reçoivent pas le poids approprié. Des participants compétents et honnêtes peuvent ne pas utiliser tout ce que chacun apporte. Une personne peut aussi ignorer la valeur de sa propre information pour l’ensemble. La spécialiste connaît la faille, mais ignore la réserve du service client. Chacun peut donc juger son observation insuffisante pour contester un choix apparemment bon. Seule la combinaison des données modifie l’évaluation. L’animateur ne doit pas attendre uniquement que quelqu’un ose s’opposer publiquement à la majorité. Il vaut mieux permettre de présenter l’information indépendamment d’une recommandation déjà formée. L’équipe a besoin des prémisses, pas seulement des positions finales, afin de comprendre ensemble la valeur de fragments qu’aucun participant ne pouvait auparavant relier seul.

Pourquoi il est plus facile de parler de ce que tous savent

La méta-analyse de Lu, Yuan et McLeod synthétise les recherches sur les profils cachés dans la décision collective. Elle souligne le rôle du mode d’échange et la difficulté à utiliser les connaissances non partagées. Les résultats de tâches contrôlées ne doivent pas être transposés mécaniquement à toutes les réunions d’entreprise. Ils donnent néanmoins de solides raisons de vérifier si la discussion relie vraiment les informations dispersées. Lu et al., 2012. La connaissance commune bénéficie d’un avantage naturel : plusieurs personnes peuvent la rappeler et la confirmer. Quand quelqu’un évoque la bonne impression produite par le fournisseur, les autres acquiescent facilement. Une information nouvelle doit être expliquée et vérifiée et peut arrêter une discussion lancée. Son détenteur peut juger son détail insignifiant, surtout si le groupe indique déjà son choix. La réunion semble alors riche en arguments tout en faisant plusieurs fois le tour des mêmes données.

Un vote précoce peut rétrécir la discussion

Demander dès le début « qui est pour l’entreprise A ? » révèle les préférences avant que le groupe ne connaisse tous les fondements. Ceux qui se sont prononcés peuvent ensuite organiser les arguments autour de leur position. Une nouvelle réserve ressemble à une tentative de convaincre la majorité plutôt qu’à un élément manquant. Toute opinion initiale n’est pas nuisible, mais le risque augmente lorsqu’elle devient un engagement public avant l’échange des données pertinentes. Il est utile de séparer les étapes : les participants présentent d’abord les informations de leur domaine, le groupe définit ensuite les critères et compare les options, puis formule son choix. Pour l’achat, on peut recueillir à l’avance coûts, risques, contraintes et inconnues auprès de chaque spécialité. Aucun formulaire complexe n’est nécessaire ; l’essentiel est de ne pas réduire l’expert à « je soutiens » ou « je ne soutiens pas ». Préparer ne signifie pas non plus envoyer une masse de documents sans expliquer leur rôle. Trop de données peut masquer l’information importante. On peut demander ce qui influe sur un critère précis et indiquer la source et le degré de certitude. Distinguer les faits connus de tous des compléments propres aux spécialités aide. Une procédure rigide n’est pas nécessaire pour chaque petite décision. Plus l’erreur est coûteuse et la connaissance dispersée, plus structurer consciemment la conversation se justifie. La structure doit permettre de comparer les informations, et non accorder à chacun un temps de parole formel sans effet sur l’analyse ni le choix final.

Demander l’information manquante et pas seulement les objections

À la fin d’une discussion, l’animateur demande souvent si quelqu’un a des remarques. Cette invitation large ne déclenche pas toujours la recherche de connaissances omises. Une question plus précise serait : « Que sais-tu dans ton domaine que les autres ne connaissent peut-être pas encore ? ». On peut aussi passer en revue les critères et vérifier si chacun est suffisamment documenté. Il faut laisser le temps de répondre, car rappeler un détail pertinent est parfois plus difficile que donner rapidement une opinion. La nouveauté ne garantit toutefois pas la valeur. Une réserve isolée peut être périmée, peu fiable ou sans rapport avec l’objectif. Après avoir fait émerger les données, il faut donc évaluer leur source, leur importance et leur incertitude. La personne qui signale un risque doit pouvoir dire qu’il s’agit encore d’une hypothèse à confirmer. Le groupe évite ainsi deux extrêmes : ignorer ce qu’il ne savait pas et privilégier sans examen toute voix minoritaire.

Il ne s’agit pas toujours d’une dissimulation délibérée

Le profil caché diffère d’une rétention consciente d’information. Un salarié peut vouloir aider sans savoir que son observation est unique ou sans obtenir le moment de la présenter. Un autre peut parler sans être compris parce qu’il emploie le langage de sa spécialité. Lui rappeler son obligation de partager ne traite pas la cause. Il faut une structure qui montre la pertinence de l’information pour le choix commun. Après la décision, il est utile de noter les données qui l’ont justifiée et les inconnues restantes. Une nouvelle information pourra alors être évaluée selon sa capacité à modifier la base du choix. C’est aussi une manière d’apprendre sans chercher un coupable après coup. Au lieu de demander seulement « qui ne l’a pas dit ? », l’équipe peut vérifier si son processus permettait de révéler ce savoir et si l’animateur y répondait réellement. Après une information nouvelle, il doit dire ce qui en a été fait : a-t-elle modifié l’évaluation, doit-elle être vérifiée ou a-t-elle été jugée peu importante pour une raison précise ? Un simple remerciement suivi d’un retour à la préférence initiale peut ne pas suffire. Les conditions de validité de la décision doivent aussi être consignées. Si le choix dépend de la confirmation de la sécurité, cette condition doit apparaître dans le résumé. La nouvelle donnée trouve alors sa place sans rouvrir un débat sur le droit de revenir à une décision dite close.

La somme des connaissances individuelles ne devient pas automatiquement une connaissance utilisée par le groupe. Une bonne réunion fait émerger les informations non communes, en vérifie l’importance, puis conduit au choix. Modifier l’ordre des questions améliore parfois davantage la décision que d’inviter un expert supplémentaire.

Empatyzer pour préparer une réunion de décision

Empatyzer peut aider à planifier une conversation où les participants présentent les connaissances nécessaires. Dans Parler à Em de votre équipe, l’utilisateur peut préparer l’ordre des questions, l’invitation aux compléments et le résumé des points ouverts. Le profil du groupe aide à tenir compte des différences de prise de parole et de préparation. Dans Parler à Em d’une personne précise, il peut affiner l’invitation à formuler des réserves rarement entendues. Empatyzer ne connaît pas les données du projet et ne choisit pas la meilleure solution. Il ne remplace ni l’expertise, ni la vérification des sources, ni l’analyse des risques. Son rôle est de préparer une communication qui donne au savoir une chance d’être exprimé et compris.

Sources et recherches

  1. Li Lu; Y. Connie Yuan; Poppy Lauretta McLeod (2012). Twenty-Five Years of Hidden Profiles in Group Decision Making: A Meta-Analysis. Personality and Social Psychology Review, 16(1), 54-75. https://doi.org/10.1177/1088868311417243 DOI: 10.1177/1088868311417243

Auteur: Empatyzer

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