Comment les émotions du leader gagnent toute l’équipe
TL;DR: Les émotions peuvent se transmettre entre les personnes et influer sur leur coopération. Toute ressemblance d’humeur ne relève toutefois pas d’une contagion émotionnelle : l’équipe peut réagir au même événement. Le leader aide lorsqu’il explique le contexte, régule sa manière d’exprimer ses émotions et crée un espace pour agir. Une positivité forcée ne supprime pas la source de la tension.
Comment Empatyzer aide-t-il un leader à communiquer dans une situation tendue ?
Empatyzer vous aide à préparer votre communication dans une situation tendue. Il ne lit pas automatiquement les émotions de vos collègues.
Fonctionnalités qui peuvent vous aider :
- Parler à Em de vous-même : Vous aide à préparer une réaction qui nomme le problème sans transmettre votre tension à vos interlocuteurs.
- Parler à Em de votre équipe : Vous aide à construire un message qui explique la situation et rétablit la clarté de l’action collective.
Quelques minutes suffisent à transformer la conversation
Le leader arrive en réunion après un appel difficile. Il répond brièvement, interrompt et demande avec irritation où en est le travail. Les participants ignorent la cause de son comportement. Ils commencent à parler plus prudemment et certains deviennent eux aussi nerveux. La discussion destinée à chercher des solutions se transforme en tentative d’éviter une nouvelle remarque critique. Rien ne prouve que tous aient absorbé l’émotion du leader. Certains ont pu interpréter son ton comme un signal de danger et ressentir alors de la tension. Cet exemple montre pourquoi plusieurs processus doivent être distingués. La contagion émotionnelle concerne l’influence de l’émotion d’une personne sur l’état des autres. On peut examiner séparément l’inférence consciente tirée du comportement d’autrui et une réaction commune au même événement. Si toute l’équipe reçoit une nouvelle préoccupante sur le projet, une humeur similaire ne signifie pas nécessairement qu’une personne a « contaminé » les autres. Identifier la source aide à choisir la réponse plutôt qu’à chercher le porteur d’une mauvaise ambiance. Il faut aussi se rappeler que les personnes peuvent réagir différemment à une même émotion. L’une absorbe la tension, l’autre tente d’apaiser la situation et une troisième se retire. Des comportements visiblement semblables ne traduisent pas toujours un vécu identique. Une personne se tait par peur, une autre pour rassembler ses pensées. Le leader ne doit donc pas prendre son interprétation de l’atmosphère pour une description complète de l’état de l’équipe. Il vaut mieux nommer le comportement observable et inviter chacun à expliquer ce qui gêne le travail. La conversation peut alors révéler tant les émotions que les obstacles concrets. Sans cela, on risque de vouloir améliorer l’humeur alors que les participants ont surtout besoin d’une décision, d’une information ou d’un délai réalisable.
Ce que montrent les recherches
Barsade a étudié expérimentalement la contagion émotionnelle et ses effets sur les comportements collectifs. Une synthèse ultérieure de Barsade, Coutifaris et Pillemer organise la littérature sur ce phénomène dans les organisations, notamment dans les équipes et le leadership. Les recherches montrent que la dimension émotionnelle des interactions compte dans le travail. Elles n’impliquent ni un contrôle complet de l’humeur d’autrui ni une réaction identique de tous les destinataires. Barsade, 2002 ; Barsade et al., 2018. Au quotidien, les personnes perçoivent non seulement le contenu des paroles, mais leur rythme, leur ton et la manière de réagir. La relation avec l’émetteur et l’importance de ses décisions comptent. L’émotion d’une personne dotée de pouvoir peut donc devenir un signal important pour l’entourage. Cela ne fait pas du leader l’unique cause de l’atmosphère. L’humeur de l’équipe répond aussi à la charge, aux résultats, aux relations et à des événements qu’aucun responsable ne contrôle seul.
Le calme ne demande pas de prétendre que tout va bien
Après un appel difficile, le leader peut dire : « Je sors d’une conversation éprouvante et j’ai besoin d’un instant pour revenir à notre sujet. » Cette explication limite certaines suppositions sans révéler de détails confidentiels ni faire porter son vécu à l’équipe. Si le problème concerne le travail commun, il faut nommer ce qui est connu et indiquer la prochaine étape. Une information structurée aide souvent davantage que l’assurance générale qu’il n’y a aucune raison de s’inquiéter. L’opposé d’un déversement émotionnel incontrôlé n’est pas forcément l’enthousiasme. On peut être inquiet et parler factuellement, reconnaître sa déception face au résultat et inviter à en analyser les causes. Exiger un sourire ou interdire l’expression des préoccupations peut empêcher la transmission de données nécessaires à la décision. Il faut voir si l’émotion aide à repérer le problème et à agir ou devient une manière de punir l’entourage. Réguler sa réaction ne signifie pas en transférer la responsabilité à l’équipe. Le leader peut expliquer qu’il est affecté par la situation, mais ne doit pas attendre des salariés qu’ils le rassurent immédiatement ou renoncent à leurs questions importantes. L’inégalité d’influence rend ce point crucial. Une personne dépendant de son évaluation peut se sentir obligée de soutenir son humeur alors qu’elle a elle-même besoin d’aide. Il est utile de séparer clairement l’émotion de la tâche : que s’est-il passé, que savons-nous et de quoi le travail commun a-t-il maintenant besoin ? Si la réaction fut déplacée, il faut la corriger et s’excuser du comportement précis. Expliquer une mauvaise journée n’efface pas les conséquences des interruptions, des cris ou du dénigrement personnel.
L’équipe a besoin de sens et pas seulement d’une humeur
Imaginons le message « Nous devons parler de toute urgence ». Sans contexte, les destinataires comblent le vide avec leurs inquiétudes. Préciser qu’il s’agit du changement de date d’une présentation modifie les conditions d’interprétation. Dans l’écrit, la concision peut aussi passer pour de la froideur et l’ironie pour de la colère. Pour les sujets tendus, il vaut mieux nommer clairement l’objectif et l’urgence que compter sur une reconstitution exacte de notre état émotionnel. En réunion, il peut être utile de ralentir l’escalade : « Je vois que la conversation devient tendue. Établissons d’abord ce qui est un fait et ce qui est une crainte. » C’est une proposition d’action, non un diagnostic des sentiments de chacun. Une personne peut être calme tout en parlant fermement, une autre vivre une forte émotion sans signe visible. Il faut donc laisser une place à la correction de son observation sans attribuer le même état à tous.
Ne pas faire d’un salarié la source de tous les problèmes
Qualifier quelqu’un de personne qui empoisonne l’ambiance est un raccourci commode. Il peut masquer le fait qu’elle signale une surcharge réelle ou une répartition injuste. Si son comportement est difficile, il faut le décrire précisément : interruptions, voix élevée, commentaires humiliants. On peut ensuite convenir d’une norme de réaction tout en examinant le fond du problème. Les émotions ne justifient pas un comportement blessant, mais n’invalident pas l’information qui l’accompagne. Une personne affectée par un environnement tendu peut demander ce qui se passe, faire une courte pause ou revenir à l’ordre convenu. Elle n’a pas à apaiser tout le monde. Si les réactions nerveuses deviennent un mode de management permanent, il faut parler des conditions et des comportements, non seulement entraîner la résilience individuelle. La source de la tension doit être traitée là où elle naît réellement. L’équipe peut convenir d’une manière d’arrêter l’échange lorsque la tension empêche l’analyse. Une pause ou un retour aux faits écrits aide si cela ne sert pas à faire taire un contenu gênant. Il faut revenir ensuite au sujet et vérifier qu’il a été traité. Sinon, demander le calme devient un moyen d’éviter la responsabilité. Il importe également de voir les situations où l’émotion apporte une information utile. La frustration peut signaler un obstacle récurrent, l’inquiétude un risque non résolu. Toute émotion n’est pas une juste évaluation des faits, mais elle peut justifier une question. La régulation de l’échange favorise alors la compréhension au lieu de lisser seulement les symptômes visibles.
Les émotions font partie de la coopération et peuvent influer sur l’état d’autrui. Une réponse responsable associe l’attention à son propre comportement, l’explication du contexte et le traitement du véritable problème. L’équipe n’a pas besoin d’un optimisme permanent, mais de conditions où la tension ne lui retire pas la capacité de penser et d’agir.
Empatyzer pour communiquer sous tension
Empatyzer peut aider à préparer une réaction avant que l’émotion ne détermine la manière de traiter ses interlocuteurs. Dans Parler à Em de vous-même, l’utilisateur peut nommer la situation, le but de l’échange et le comportement qu’il souhaite éviter. Un bref message expliquant le contexte ou un plan pour ouvrir la réunion sur les faits et la décision nécessaire constitue un résultat utile. Dans Parler à Em de votre équipe, il est possible d’affiner la présentation d’une information difficile à partir du profil disponible du groupe. Em ne lit pas les émotions présentes des salariés et ne mesure pas l’atmosphère. Il ne doit pas non plus attribuer à une personne la responsabilité de l’humeur de tous. Il aide à préparer la communication ; la réaction réelle doit être vérifiée auprès de l’équipe. Il faut aussi traiter la source de la tension lorsqu’elle découle d’une surcharge, d’exigences floues ou d’un mode de management répétitif. De meilleurs mots aident à parler, mais ne remplacent pas les décisions organisationnelles nécessaires.
Sources et recherches
- Barsade, S. G. (2002). The Ripple Effect: Emotional Contagion and its Influence on Group Behavior. Administrative Science Quarterly, 47(4), 644–675. https://doi.org/10.2307/3094912 DOI: 10.2307/3094912
- Sigal G. Barsade; Constantinos G.V. Coutifaris; Julianna Pillemer (2018). Emotional contagion in organizational life. Research in Organizational Behavior, 38, 137-151. https://doi.org/10.1016/j.riob.2018.11.005 DOI: 10.1016/j.riob.2018.11.005
Auteur: Empatyzer
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