L’énergie relationnelle dans les conversations au travail
TL;DR: L’énergie relationnelle décrit le sentiment de disposer de ressources pour agir qui apparaît au contact d’une autre personne. Elle ne se confond ni avec la bonne humeur, ni avec l’extraversion, ni avec le fait d’être toujours d’accord. Une discussion peut être exigeante tout en renforçant la capacité d’agir. Il faut observer des comportements concrets : écoute attentive, clarté, respect et aide pour trouver la prochaine étape.
Comment Empatyzer aide-t-il à préparer des échanges qui donnent de l’énergie au lieu d’en retirer ?
Empatyzer vous aide à examiner la manière dont votre style de contact s’accorde avec les besoins des autres et à préparer une discussion plus soutenante.
Fonctionnalités qui peuvent vous aider :
- Comparaison : Présente les différences entre deux personnes qui peuvent influer sur le rythme, la franchise et la perception de la coopération.
- Parler à Em d’une personne précise : Vous aide à choisir une manière de discuter du problème qui apporte à l’interlocuteur de la clarté et une prochaine étape concrète.
Deux conversations sur le même problème
Après la première réunion, vous savez que le projet a pris du retard, mais vous comprenez aussi par où commencer pour le remettre sur les rails. Après la seconde, vous recevez des informations comparables, mais repartez avec un sentiment de chaos et d’incompétence. La différence ne tient pas nécessairement à ce qu’une personne était aimable et l’autre sévère. La première a peut-être aidé à structurer le problème et vous a laissé une capacité d’action, tandis que la seconde a multiplié les reproches sans prendre de décision. Cet exemple illustre le concept d’énergie relationnelle : une interaction peut modifier le sentiment de disposer des ressources nécessaires pour continuer d’agir. Owens et ses coauteurs ont étudié l’énergie relationnelle comme un concept distinct associé aux contacts au travail, à l’engagement et aux résultats. Il s’agit d’une expérience psychologique de l’énergie, non d’un trait mystérieux ou d’une mesure physiologique littérale. La recherche souligne l’importance des relations, sans permettre d’attribuer chaque variation de l’état d’une personne à l’influence de son interlocuteur. La charge, le contenu de la situation et les événements antérieurs influent également sur l’état après la réunion. Owens et al., 2016. Une conversation énergisante n’est pas nécessairement facile ou particulièrement agréable. Un retour factuel sur une erreur peut aider à retrouver une direction lorsque l’on sait quoi corriger et sur quel soutien compter. À l’inverse, une réunion pleine d’éloges peut laisser une personne épuisée si elle n’éclaire rien et multiplie les attentes ambiguës. L’interaction doit donc être évaluée d’après ses effets sur la disposition à agir, pas seulement selon l’humeur pendant l’échange. Cela ne signifie pas que chaque contact puisse être résumé par une seule question. Il est néanmoins utile de distinguer une atmosphère bienveillante, une aide concrète et un sentiment de capacité d’agir, qui peuvent coexister sans être identiques.
L’énergie ne se manifeste pas toujours par de l’enthousiasme
Un collègue calme peut renforcer les autres parce qu’il écoute attentivement, respecte ses engagements et aide à voir une solution réalisable. Une personne très expressive peut au contraire laisser derrière elle du chaos si chaque conversation apporte une nouvelle priorité. Il ne faut donc pas assimiler l’énergie relationnelle au tempérament. Le volume et le débit sont faciles à remarquer, mais ils ne disent pas si l’interaction aide à agir. Une tâche peut nécessiter de la mobilisation ; une autre, une organisation sereine des données et le rétablissement d’un sentiment de maîtrise. La synthèse de Baker distingue les énergies émotionnelle, relationnelle et organisationnelle ainsi que leurs niveaux d’analyse. Elle rappelle que la bonne humeur d’une personne ne constitue pas automatiquement une ressource pour toute l’équipe. Le manager peut être enthousiaste à l’idée d’un nouveau projet tandis que les salariés se sentent accablés par ses conséquences. La question utile est donc : qu’est-ce qui devient plus facile à faire pour l’autre après cette interaction ? Baker, 2019.
Une discussion exigeante peut aussi renforcer
Imaginons un retour sur une erreur grave. La manager nomme le problème sans rabaisser la personne, demande quelles étaient les circonstances et définit une manière de le corriger. La discussion peut être désagréable, mais elle se termine avec de la clarté. Le salarié n’a pas besoin de repartir satisfait pour retrouver sa capacité d’agir. Dans une autre version, le manager parle doucement, mais laisse les attentes floues et suggère que « tout le monde est déçu ». Un ton courtois ne compense pas l’absence de faits précis. C’est pourquoi il faut évaluer l’interaction au-delà de l’humeur immédiate. Il ne faut cependant pas conclure qu’une personne devrait toujours sortir énergisée d’une discussion difficile. Elle peut avoir besoin de repos ou de réflexion. Un interlocuteur responsable n’exige pas l’optimisme comme preuve d’avoir bien transmis son message. Il peut vérifier la compréhension et la prochaine étape tout en laissant une place aux émotions. De même, un salarié qui signale un vrai problème ne devient pas une personne qui « pompe l’énergie » parce qu’il dérange une vision confortable. Une information critique peut être nécessaire précisément lorsque le groupe préférerait ne pas l’entendre. Dans la pratique, il convient d’examiner ce qui se passe après l’analyse d’une difficulté. La personne repart-elle avec une vision plus claire de la mission ou avec le sentiment de devoir encore prouver sa valeur ? L’interlocuteur aide-t-il à fixer une priorité ou ajoute-t-il des exigences sans adapter les ressources ? Ces questions attirent l’attention sur des comportements modifiables. Inutile de qualifier un collègue de vampire énergétique pour remarquer qu’il interrompt, ne répond pas aux questions ou revient constamment à des reproches flous. L’étiquette juge toute la personne et complique le dialogue. La description d’une manière précise de conduire l’échange permet de convenir d’un autre déroulement et de vérifier s’il sert mieux le travail.
Ce qu’il faut observer dans ses propres conversations
Au lieu de classer les personnes comme énergisantes ou toxiques, on peut observer pendant quelque temps des interactions concrètes. Ai-je été écouté ? Est-ce que je connais la priorité ? Ai-je davantage de clarté sur mes possibilités d’action ? La conversation a-t-elle ajouté des tâches sans décider à quoi renoncer ? Ces questions aident à identifier des comportements qu’il est possible de changer. Elles ne constituent pas une mesure scientifique, mais peuvent servir à réfléchir à la coopération. Il est également utile d’interroger les autres sur son propre impact : « Qu’est-ce qui, dans nos réunions, t’aide à avancer et qu’est-ce qui te freine ? » La réponse peut être très simple : moins d’interruptions, des documents transmis plus tôt ou une conclusion claire. Si le problème vient d’une surcharge répétée, modifier le langage ne suffira pas. Il faudra réduire le nombre de tâches, améliorer les priorités ou fournir des ressources. Une bonne relation peut soutenir le travail, mais elle ne remplace pas un plan réalisable.
L’équipe a besoin de différentes formes de soutien
L’un aide par des questions pertinentes, l’autre par une présence sereine, un troisième en transformant rapidement le problème en action. Il faut valoriser ces différences au lieu d’imposer un seul style de positivité. L’organisation peut aussi protéger le temps de concentration et de récupération, car même les interactions utiles ont un coût attentionnel. L’objectif n’est pas de maximiser le nombre de conversations inspirantes, mais de créer un rythme dans lequel les interactions soutiennent réellement le travail sans devenir une source de tension superflue. Le changement ne suppose pas d’allonger les réunions. Un bref résumé de ce qui fonctionne déjà, de l’obstacle principal et de l’étape suivante peut suffire. Il faut aussi vérifier que l’action proposée entre dans les possibilités de l’interlocuteur. L’encourager avec enthousiasme à fournir un nouvel effort risque d’accroître sa charge s’il manque de temps ou d’autorité. Un contact soutenant associe l’attention portée à la personne au réalisme concernant la mission. À la fin, on peut demander si l’accord est suffisamment clair et ce qui bloque encore. Cette question apporte davantage d’informations qu’un automatique « tout va bien ? ». Elle aide aussi à repérer les problèmes qui exigent un changement organisationnel plutôt qu’un meilleur ton ou davantage de bienveillance.
L’énergie relationnelle attire l’attention sur l’influence de la manière de parler sur la disposition à agir. Elle n’exige ni un enthousiasme permanent ni l’évitement des sujets difficiles. Elle repose souvent sur des éléments simples : attention, précision, prévisibilité et maintien d’une véritable capacité d’action pour l’autre.
Empatyzer pour préparer une discussion qui soutient l’action
Empatyzer peut vous aider à préparer un contact après lequel l’interlocuteur comprend mieux la mission et ses propres possibilités. Comparaison offre un point de départ pour examiner les différences entre les profils disponibles de deux personnes, par exemple dans la manière de communiquer les besoins ou de recevoir un retour. Elle ne mesure toutefois pas la quantité d’énergie transmise de l’une à l’autre. Dans Parler à Em d’une personne précise, l’utilisateur peut affiner le déroulement de la consultation, les questions sur les obstacles et la manière de conclure par un accord clair. Un objectif utile consiste à associer précision et respect du point de vue de l’interlocuteur. Em ne garantit pas la motivation et ne supprime pas la surcharge liée à l’organisation du travail. Il aide à choisir les mots et à structurer l’échange. Son effet réel doit être vérifié auprès de la personne, en lui demandant si elle a obtenu la clarté nécessaire et si l’étape suivante est réalisable avec les ressources disponibles.
Sources et recherches
- Bradley P. Owens; Wayne E. Baker; Dana McDaniel Sumpter; Kim S. Cameron (2016). Relational energy at work: Implications for job engagement and job performance.. Journal of Applied Psychology, 101(1), 35-49. https://doi.org/10.1037/apl0000032 DOI: 10.1037/apl0000032
- Wayne E. Baker (2019). Emotional Energy, Relational Energy, and Organizational Energy: Toward a Multilevel Model. Annual Review of Organizational Psychology and Organizational Behavior, 6(1), 373-395. https://doi.org/10.1146/annurev-orgpsych-012218-015047 DOI: 10.1146/annurev-orgpsych-012218-015047
Auteur: Empatyzer
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