« Dis quelque chose ! » : nous ne répondons pas tous au même rythme
Petite salle de réunion, après un problème sur un projet. Zofia veut qu’Olek lui explique immédiatement pourquoi il ne l’a pas prévenue plus tôt. Olek se tait et essaie de mettre ses idées en ordre.
— Olek, dis quelque chose !
— …
Plus Zofia insiste, plus Olek se referme. Elle commence à interpréter son silence comme un manque d’implication.
Qu’est-ce qu’Empatyzer vous apporte ?
Il est parfois difficile de comprendre les réactions des collègues, ce qui entraîne des malentendus et du stress. Le système explique ces mécanismes à partir du diagnostic, sans enfermer qui que ce soit dans une case, et indique la voie vers l’accord. Vous bénéficiez d’une formation individuelle à la communication interpersonnelle exactement au moment de la crise. Au lieu de deviner, vous obtenez un conseil concret pour apaiser l’atmosphère.
Voir la vidéo sur YouTubeCe qui s’est vraiment passé
Zofia a besoin d’une réaction rapide parce que, pour elle, répondre vite signifie que l’autre est présent et engagé dans l’échange. Olek fonctionne à l’inverse : plus le sujet est important, plus il ralentit pour éviter de répondre impulsivement. Le silence, en soi, ne serait pas forcément un problème majeur. Le problème commence lorsque Zofia lui attribue un sens — « ça lui est égal » — et augmente la pression. Sous pression, Olek a besoin d’encore plus de temps. Zofia voit davantage de retrait et insiste davantage. Chacun finit ainsi, sans le vouloir, par produire précisément le comportement qu’il redoute chez l’autre.
Ce que dit la recherche
Dans une conversation, même une courte pause peut avoir une signification sociale, car les interlocuteurs prennent généralement leur tour et se répondent très rapidement (turn-taking ; Stivers et al., 2009). Une deuxième dynamique peut alors se mettre en place : l’un exige de plus en plus une réaction tandis que l’autre se retire de plus en plus (schéma demande–retrait, demand–withdraw). Ce modèle a surtout été étudié dans les relations proches ; ici, il sert donc à décrire une dynamique plutôt qu’à poser un diagnostic sur le lieu de travail (Caughlin & Reznik, 2015). Le mécanisme central reste le même : la réaction de A modifie le comportement de B, puis le comportement de B renforce la réaction de A.
Comment aborder la situation
Olek peut transformer un silence vide en message clair : « Je t’entends. Donne-moi deux minutes pour organiser ma réponse. » Zofia, de son côté, peut demander un simple signe qu’Olek l’a entendue avant d’attendre une réponse complète : « Dis-moi simplement si tu comprends le problème ; tu peux prendre un moment pour répondre. » Dans les sujets plus difficiles, on peut convenir d’une courte pause et d’une heure précise pour reprendre la conversation. Le silence n’a alors plus besoin d’être interprété. La règle générale est : si tu as besoin de temps, dis-le ; si tu as besoin d’une réaction, précise quelle réaction minimale tu attends tout de suite.
Comment Empatyzer et Em peuvent aider
Empatyzer peut montrer que le problème n’est ni « Olek qui se tait » ni « Zofia qui met la pression », mais la boucle créée par deux façons différentes de réagir sous tension. Le diagnostic aide à repérer qui a besoin d’un échange rapide et d’un signe immédiat de présence, et qui a besoin de quelques instants pour formuler sa réponse lorsque la pression monte. En comparant les deux profils, Em peut prévenir Zofia avant une conversation difficile qu’exiger tout de suite une réponse complète ne fera probablement pas répondre Olek plus vite, et lui proposer une option plus efficace : « Dis-moi simplement si tu comprends le problème ; prends deux minutes pour la réponse. » Olek peut, lui, être encouragé à ne pas laisser un silence sans explication, mais à nommer le temps dont il a besoin. Si ce schéma se répète dans l’équipe, Empatyzer permet de le rendre visible à l’échelle collective, tandis que les microleçons entraînent de courts signaux qui cassent la spirale pression–retrait avant qu’elle ne se transforme en conflit.
Sources et recherches
- Tanya Stivers; N. J. Enfield; Penelope Brown; Christina Englert; Makoto Hayashi; Trine Heinemann; Gertie Hoymann; Federico Rossano; Jan Peter de Ruiter; Kyung-Eun Yoon; Stephen C. Levinson (2009). Universals and cultural variation in turn-taking in conversation. Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, 106(26), 10587-10592. https://doi.org/10.1073/pnas.0903616106 DOI: 10.1073/pnas.0903616106
- John P. Caughlin; Rachel M. Reznik (2015). Demand–Withdrawal Sequences in Conflict. The International Encyclopedia of Interpersonal Communication (Wiley), 1-5. https://doi.org/10.1002/9781118540190.wbeic002 DOI: 10.1002/9781118540190.wbeic002
Auteur: Empatyzer
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