« Allume ta caméra » — Contact, attention et droit au choix
Visioconférence d’équipe. Samuel présente et voit un carré noir à la place du visage de Maja.
— Maja, tu peux allumer ta caméra ? C’est difficile de parler à un carré noir.
— Bien sûr.
Quelques minutes plus tard, Maja la coupe de nouveau.
— Encore la caméra ?
— Je me concentre mieux sur ce que tu dis quand elle est éteinte.
Samuel a besoin des visages pour guider la conversation. Maja a besoin de moins de sollicitations visuelles pour bien participer.
Qu’est-ce qu’Empatyzer vous apporte ?
Les personnes s’ouvrent davantage lorsqu’elles se sentent comprises par leurs responsables. Em aide à choisir des arguments adaptés à la personnalité de l’interlocuteur, tout en respectant les limites de la vie privée. C’est plus qu’une formation théorique à la communication interne, car les conseils s’appliquent « ici et maintenant ». Le manager gagne en sérénité et en confiance : son message sera mieux reçu. Moins de non-dits, c’est plus d’efficacité pour tout le service.
Voir la vidéo sur YouTubeCe qui s’est vraiment passé
Samuel anime la discussion et, sans l’image de Maja, perd des informations dont il se sert habituellement : réactions du visage, rythme de compréhension, envie éventuelle de prendre la parole. Pour lui, la caméra augmente le contact. Pour Maja, le coût est différent : voir son propre visage, Samuel et le reste de l’écran en permanence détourne une partie de son attention vers la surveillance de son image. Elle peut alors être plus visible tout en étant moins concentrée sur le contenu. Il ne s’agit pas d’opposer une personne sociable à une personne antisociale, mais de deux fonctions de la vidéo qui n’ont pas le même coût pour chacun. Les profils renforcent la crédibilité de la scène : Samuel puise de l’énergie dans les échanges et aime « lire la salle », tandis que Maja est plus réservée et plus sensible aux signaux sociaux.
Ce que dit la recherche
Les chercheurs ont proposé que la visioconférence combine plusieurs exigences inhabituelles : contact visuel rapproché, auto-vision permanente, mobilité réduite et attention accrue aux signaux non verbaux — un cadre parfois appelé nonverbal overload (Bailenson, 2021). Cet article est principalement théorique et ne prouve pas que tous ces mécanismes touchent tout le monde de la même façon. Une expérience ultérieure sur 32 participants utilisant des mesures EEG a toutefois observé un indicateur de fatigue plus élevé lorsque les personnes voyaient leur propre image (Xu et al., 2024). L’échantillon est petit, mais le résultat renforce une idée simple : se voir en permanence peut constituer une charge réelle.
Comment aborder la situation
Au lieu d’une règle « caméra toujours allumée », définissez ce que la vidéo doit apporter dans cette réunion. Pour une conversation où les réactions comptent, une présentation ou un travail relationnel, elle peut être utile. Pour une longue séance de travail, elle n’a peut-être pas besoin d’être active en permanence. Autre option : garder la caméra allumée mais masquer son propre retour vidéo. Règle générale : ne demandez pas seulement si la caméra est allumée ; demandez quelle fonction elle remplit et quel coût attentionnel elle crée pour la personne de l’autre côté.
Comment Empatyzer et Em peuvent aider
Empatyzer ne doit pas déduire d’un profil qu’une personne « aime » ou « n’aime pas » la caméra. Il peut montrer à Samuel et Maja qu’ils diffèrent dans leur besoin de réactions visibles, de contact social et de concentration sans sollicitation constante. Em peut proposer une meilleure question que « allume ta caméra » : « J’ai besoin d’un signal que tu suis ; qu’est-ce qui te convient le mieux : caméra, réactions dans le chat ou points verbaux rapides ? » L’équipe peut ainsi définir plusieurs moyens équivalents de signaler sa présence. Maja peut de son côté expliquer qu’une caméra coupée augmente sa concentration au lieu de laisser à Samuel un vide qu’il interprète seul. Les microleçons apprennent à distinguer le besoin de contact d’un symbole particulier du contact.
Sources et recherches
- Jeremy N. Bailenson (2021). Nonverbal Overload: A Theoretical Argument for the Causes of Zoom Fatigue. Technology, Mind, and Behavior, 2(1), 1-6. https://doi.org/10.1037/tmb0000030 DOI: 10.1037/tmb0000030
- Jin Xu; Eoin Whelan; Ann O’Brien; Denis O’Hora (2024). Does Self-View Mode Generate More Videoconferencing Fatigue in Women than Men? An Experiment Using EEG Signals. Cyberpsychology, Behavior, and Social Networking, 27(6), 426-430. https://doi.org/10.1089/cyber.2023.0577 DOI: 10.1089/cyber.2023.0577
Auteur: Empatyzer
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