« Il faut qu’on parle » : une phrase qui fait monter le stress
Au bureau, 10 h 07. Maja reçoit un court message d’Anna.
— Maja, il faut qu’on parle. 15 h.
Pendant les heures qui suivent, Maja repasse mentalement ses erreurs, d’éventuelles plaintes et toutes sortes de problèmes possibles. À 15 h, Anna ouvre la conversation en lui proposant de rejoindre un nouveau projet.
Qu’est-ce qu’Empatyzer vous apporte ?
Em aide à se préparer à une conversation difficile en quelques minutes, sans attendre un créneau chez un mentor. Une bonne formation à la communication interpersonnelle repose sur le diagnostic des styles de pensée et des besoins des deux parties, et non sur des généralités. Cela permet d’éviter des tensions inutiles et de renforcer la confiance dans l’équipe.
Voir la vidéo sur YouTubeCe qui s’est vraiment passé
Anna envoie un message très court, sans préciser le sujet. Pour elle, il est neutre : elle veut parler à Maja à 15 h. Maja, en revanche, dispose de plusieurs heures de vide informationnel. Tout ce qu’elle sait, c’est que la dirigeante lui écrit « il faut qu’on parle ». Elle commence donc à remplir ce qui manque par des menaces possibles : problème de performance, plainte, licenciement. Cela ne prouve pas que tout le monde imagine systématiquement le pire. Dans le cas de Maja, son profil rend simplement cette lecture particulièrement plausible. Le problème de communication est plus simple : l’expéditeur a créé beaucoup d’incertitude sans en tirer aucun bénéfice.
Ce que dit la recherche
Les messages ambigus au travail imposent au destinataire davantage d’interprétation, et la position hiérarchique de l’expéditeur peut modifier la façon dont ils sont traités — un phénomène étudié notamment sous l’angle de l’ambiguïté ou de l’equivocality des messages (Putnam et Sorenson, 1982). La psychologie montre aussi que les informations négatives et les menaces possibles pèsent souvent plus lourd dans notre pensée que des scénarios positifs tout aussi plausibles : c’est le large biais de négativité décrit notamment par Baumeister et al. (2001). Rien de cela ne permet de diagnostiquer de l’anxiété chez Maja à partir d’une seule scène. La conclusion la plus solide est plus modeste : incertitude et enjeu élevé laissent beaucoup de place aux interprétations du destinataire.
Comment aborder la situation
Si le sujet n’est pas confidentiel, dites-le : « Maja, j’aimerais te parler d’un nouveau projet. 15 h ? » Même lorsque la conversation s’annonce difficile, un minimum de contexte aide : « Je voudrais revenir sur la réunion d’hier et convenir des prochaines étapes. » Si certains détails ne peuvent vraiment pas être communiqués, réduisez au moins l’incertitude là où c’est possible : « Ce n’est pas une question disciplinaire. » Règle générale : ne demandez pas à quelqu’un de passer plusieurs heures à deviner l’enjeu d’une conversation lorsqu’une seule phrase peut le situer.
Comment Empatyzer et Em peuvent aider
Empatyzer peut repérer que, pour Anna, « il faut qu’on parle » est un raccourci neutre et efficace, tandis que pour Maja — plus sensible à l’incertitude et au ton — cette phrase peut ouvrir plusieurs heures de tension inutile. Le diagnostic et la comparaison des profils permettent à Em de voir ce risque avant l’envoi du message et de proposer la plus petite modification possible : ajouter le sujet ou au moins une phrase sur l’enjeu. Anna conserve son style concis sans laisser à Maja un vide à remplir par le pire scénario. Si ce type de différence apparaît dans toute l’équipe, les données collectives peuvent montrer que « faire court » signifie efficacité pour certains et inquiétude pour d’autres. Les microleçons installent un réflexe simple : si une phrase suffit à réduire une incertitude inutile, ajoutez-la avant la conversation, pas après.
Sources et recherches
- Linda L. Putnam; Ritch L. Sorenson (1982). Equivocal Messages in Organizations. Human Communication Research, 8(2), 114-132. https://doi.org/10.1111/j.1468-2958.1982.tb00659.x DOI: 10.1111/j.1468-2958.1982.tb00659.x
- Roy F. Baumeister; Ellen Bratslavsky; Catrin Finkenauer; Kathleen D. Vohs (2001). Bad is Stronger than Good. Review of General Psychology, 5(4), 323-370. https://doi.org/10.1037/1089-2680.5.4.323 DOI: 10.1037/1089-2680.5.4.323
Auteur: Empatyzer
Publié:
Mis à jour: