« Désolé… de quoi ? » — quand « désolé » ne veut pas dire « c’est ma faute »
Un client vient de déplacer la date de la présentation. Helena transmet le changement à Tomasz.
— Désolée, on doit décaler la présentation à demain.
— Mais c’est le client qui a changé la date. Pourquoi tu t’excuses ?
Helena utilise aussi « désolée » comme signe d’empathie. Tomasz entend surtout dans ce mot une reconnaissance de faute.
Qu’est-ce qu’Empatyzer vous apporte ?
Em n’est ni une juge ni une contrôleuse, mais une guide virtuelle dans les méandres des relations humaines. Une communication interpersonnelle ouverte au travail dépend de la compréhension des intentions de l’autre, ce qu’un diagnostic large facilite. Une aide disponible immédiatement permet d’éclaircir les doutes liés aux projets au fil de l’eau.
Voir la vidéo sur YouTubeCe qui s’est vraiment passé
Helena utilise « désolée » de plusieurs façons. Dans cette situation, elle n’a rien fait de mal mais voit que le changement complique la vie de Tomasz. Dans une autre situation, Tomasz peut commettre une erreur, la corriger et remercier quelqu’un de l’avoir signalée sans prononcer « désolé » du tout. Pour Helena, une excuse peut vouloir dire « je vois le coût que cela crée pour toi » aussi bien que « c’était mon erreur ». Tomasz réserve davantage le mot à l’acceptation de la faute. Voilà pourquoi une personne peut s’excuser sans se sentir coupable tandis qu’une autre trouve cette excuse illogique.
Ce que dit la recherche
Les recherches montrent que les personnes s’excusent parfois non parce qu’elles reconnaissent une faute, mais parce que l’excuse fonctionne comme une expression apprise de sympathie et d’attention (Blackman & Stubbs, 2001). Dans le droit américain, la différence entre exprimer de la compassion et reconnaître sa responsabilité est même suffisamment importante pour que certaines règles distinguent des formulations comme « je suis désolé que cela soit arrivé » de « c’était ma faute » (Bentley, 2016). Il s’agit d’un contexte juridique particulier, mais il illustre un point social plus général : le mot « désolé » peut remplir plusieurs fonctions.
Comment aborder la situation
Si le mot lui-même crée de la confusion, nommez sa fonction. « Je suis désolée que ce changement te complique la journée » exprime de l’empathie sans prendre la responsabilité de la cause. « C’était mon erreur. Je suis désolée et je la corrige » exprime clairement la responsabilité. Règle générale : une bonne excuse ne consiste pas à utiliser souvent le même mot ; elle consiste à préciser si l’on exprime de la compassion, si l’on assume une faute, ou si l’on fait les deux.
Comment Empatyzer et Em peuvent aider
Empatyzer peut aider Helena et Tomasz à voir que « désolé » n’a pas la même fonction sociale pour eux. Helena peut l’utiliser pour montrer de l’empathie et reconnaître le coût supporté par l’autre ; Tomasz peut l’entendre surtout comme un aveu de faute ou comme le signe que la demande elle-même est injustifiée. Culture-8 et les profils de communication peuvent aider Em à anticiper ce décalage, mais le conseil pratique reste essentiel. Em peut proposer : « Je sais que ce changement est contraignant pour toi. Le délai doit néanmoins passer à vendredi. » L’empathie reste présente sans brouiller la décision. Les microleçons apprennent à distinguer compassion et faute, ainsi qu’un ton doux d’une position imprécise.
Sources et recherches
- Melinda C. Blackman; Elizabeth C. Stubbs (2001). Apologies: Genuine Admissions of Blameworthiness or Scripted, Sympathetic Responses?. Psychological Reports, 88(1), 45-50. https://doi.org/10.2466/pr0.2001.88.1.45 DOI: 10.2466/pr0.2001.88.1.45
- Cayce Myers (2016). Apology, sympathy, and empathy: The legal ramifications of admitting fault in U.S. public relations practice. Public Relations Review, 42(1), 176-183. https://doi.org/10.1016/j.pubrev.2015.10.004 DOI: 10.1016/j.pubrev.2015.10.004
Auteur: Empatyzer
Publié:
Mis à jour: