« Je suis venue chercher une réponse, j’ai eu une question » — Coaching ou absence d’aide ?
Dans l’équipe produit. Amira vient voir Helena avec deux options et attend une décision d’experte.
— Helena, laquelle on choisit ?
— Et toi, tu recommanderais quoi ?
— Je suis là pour apprendre ou pour avoir une décision ?
Helena cherche à développer l’autonomie de réflexion d’Amira. Amira, elle, ne sait pas qu’elles viennent de passer en mode coaching.
Qu’est-ce qu’Empatyzer vous apporte ?
Se préparer à un 1:1 ne prend que quelques instants lorsque Em indique sur quoi être attentif avec un interlocuteur précis. Une communication interpersonnelle fluide au travail repose sur la compréhension des traits et des besoins uniques de l’autre. Le système ne juge pas : il apporte son soutien exactement au moment où la conversation doit avoir lieu.
Voir la vidéo sur YouTubeCe qui s’est vraiment passé
Helena veut aider Amira à développer son propre raisonnement. Au lieu de donner immédiatement la réponse, elle lui demande donc : « Et toi, tu recommanderais quoi ? » De son point de vue, ce n’est pas une manière d’éviter sa responsabilité, mais de rendre à Amira une partie du travail de réflexion. Amira est pourtant venue dans un autre mode. Elle ne cherchait pas une conversation de développement, mais l’avis d’une personne plus expérimentée et une décision qui lui permettrait d’avancer. Comme Helena n’explique pas pourquoi elle pose la question, Amira finit par se demander si sa manager connaît simplement la réponse. Une même technique peut ainsi être vécue comme un excellent levier de développement ou comme une manière pour le leader de se dérober, selon ce dont l’autre personne a besoin à ce moment-là.
Ce que dit la recherche
Poser des questions au lieu de fournir immédiatement des réponses peut soutenir l’autonomie et l’apprentissage. Plus largement, les recherches sur le coaching au travail indiquent qu’un coaching bien mené peut améliorer l’apprentissage et la performance (Jones, Woods & Guillaume, 2016 ; de Haan & Nilsson, 2023). Les travaux sur le soutien à l’autonomie montrent aussi des effets positifs lorsque le leader prend réellement en compte le point de vue du collaborateur, lui laisse une marge de jugement et ne pilote pas chaque étape (Slemp et al., 2018). Rien de cela ne signifie qu’un leader doit toujours répondre à une question par une autre question. Si le salarié ne sait pas s’il reçoit du coaching, un conseil d’expert, une délégation de décision ou une instruction directe, on crée simplement de l’ambiguïté de rôle (Jackson & Schuler, 1985).
Comment aborder la situation
Le leader peut nommer le mode de la conversation dès le départ : « J’ai mon propre avis, mais je veux d’abord entendre le tien pour ne pas t’influencer » ou « Là, je ne vais pas te coacher, tu as besoin d’une décision rapide : on choisit B. » Le collaborateur peut poser la question tout aussi directement : « Tu veux mon raisonnement ou tu dois me donner une décision ? » La question cesse alors d’être une énigme. Règle générale : une question fait progresser seulement lorsque l’autre comprend pourquoi on la lui pose ; sinon, elle peut simplement ressembler à une absence de réponse.
Comment Empatyzer et Em peuvent aider
Empatyzer peut montrer à Helena qu’une question de coaching ne fonctionne vraiment que si Amira comprend qu’elles sont entrées dans une conversation de développement. Le diagnostic et la comparaison des profils peuvent révéler qu’Helena soutient spontanément par les questions et la patience, tandis qu’Amira, dans cette situation précise, est venue chercher une décision d’experte claire. Avant l’échange, Em peut proposer une phrase qui pose le cadre : « Je peux te dire ce que je choisirais, ou d’abord t’aider à construire ta propre recommandation. De quoi as-tu besoin maintenant ? » La question ne ressemble plus à une esquive. Si ce type de décalage se répète dans l’équipe, les données collectives peuvent montrer quand les personnes ont besoin de coaching et quand elles ont besoin d’une décision. Les microleçons renforcent une habitude simple : d’abord s’accorder sur le type d’aide, puis choisir entre question, conseil ou décision.
Sources et recherches
- Gavin R. Slemp; Margaret L. Kern; Kent J. Patrick; Richard M. Ryan (2018). Leader autonomy support in the workplace: A meta-analytic review. Motivation and Emotion, 42(5), 706-724. https://doi.org/10.1007/s11031-018-9698-y DOI: 10.1007/s11031-018-9698-y
- Susan E. Jackson; Randall S. Schuler (1985). A meta-analysis and conceptual critique of research on role ambiguity and role conflict in work settings. Organizational Behavior and Human Decision Processes, 36(1), 16-78. https://doi.org/10.1016/0749-5978(85)90020-2 DOI: 10.1016/0749-5978(85)90020-2
- Rebecca J. Jones; Stephen A. Woods; Yves R. F. Guillaume (2016). The effectiveness of workplace coaching: A meta-analysis of learning and performance outcomes from coaching. Journal of Occupational and Organizational Psychology, 89(2), 249-277. https://doi.org/10.1111/joop.12119 DOI: 10.1111/joop.12119
- Erik de Haan; Viktor O. Nilsson (2023). What Can We Know about the Effectiveness of Coaching? A Meta-Analysis Based Only on Randomized Controlled Trials. Academy of Management Learning & Education, 22(4), 641-661. https://doi.org/10.5465/amle.2022.0107 DOI: 10.5465/amle.2022.0107
Auteur: Empatyzer
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