« Elle ne répond jamais bonjour » — Froideur ou mauvaise interprétation ?
Couloir du bureau. Anna croise Maja et la salue comme d’habitude.
— Bonjour, Maja.
— …
Après plusieurs scènes semblables, Anna commence à penser que Maja ne veut pas entretenir une relation de travail normale avec elle. Elle sait ce que Maja fait, mais elle ne sait toujours pas pourquoi.
Qu’est-ce qu’Empatyzer vous apporte ?
Em n’est ni une juge ni une contrôleuse, mais une guide virtuelle dans les méandres des relations humaines. Une communication interpersonnelle ouverte au travail dépend de la compréhension des intentions de l’autre, ce qu’un diagnostic large facilite. Une aide disponible immédiatement permet d’éclaircir les doutes liés aux projets au fil de l’eau.
Voir la vidéo sur YouTubeCe qui s’est vraiment passé
Anna observe un comportement qui se répète : Maja ne répond pas, évite le contact et réagit brièvement. Comme cela arrive plusieurs fois, Anna transforme peu à peu ce comportement en conclusion sur l’intention : « elle ne me respecte pas » ou « elle ne veut pas travailler avec moi ». C’est un réflexe très humain : notre esprit cherche rapidement une réponse à la question « pourquoi cette personne agit-elle comme ça ? » Le problème est que le comportement seul ne permet pas de connaître l’intention avec certitude. Maja n’a pas confirmé l’interprétation d’Anna, et Helena les aide à séparer deux choses : le fait observable et le sens qu’on lui attribue. Une meilleure compréhension n’a d’ailleurs pas besoin de déboucher sur de l’amitié ou une réconciliation. Elle peut simplement permettre de définir un minimum professionnel plus juste.
Ce que dit la recherche
Nous avons tendance à expliquer le comportement d’autrui par ses traits ou ses intentions, même lorsque la situation peut avoir joué un rôle important : c’est l’erreur fondamentale d’attribution (Ross, 1977). Cela ne signifie pas que l’explication situationnelle est toujours vraie ni que « la situation est responsable ». Cela signifie que l’observateur voit beaucoup mieux le comportement que l’ensemble des conditions qui l’ont produit. Une analyse raisonnable d’un conflit devrait donc séparer trois questions : qu’est-ce qui s’est passé, qu’est-ce que nous savons réellement, et qu’est-ce que nous inférons ? Un principe similaire est fondamental en médiation : avant de juger les motivations, on établit les comportements observables et leurs effets. La recherche ne promet pas que le conflit disparaîtra une fois ces couches séparées, mais elle permet de réduire le nombre de fausses conclusions sur les intentions d’autrui.
Comment aborder la situation
Au lieu de commencer par « tu m’ignores » ou « tu ne me respectes pas », Anna peut dire : « Je t’ai dit bonjour trois fois sans avoir de réponse. Comme nos échanges sont aussi très courts, je commence à le lire comme une volonté d’éviter le contact. Je voudrais vérifier si je comprends bien. » Elle ne prétend pas ne pas avoir d’interprétation ; elle la présente comme une hypothèse plutôt que comme un verdict. Si la relation reste difficile après la conversation, elles peuvent convenir d’un standard professionnel minimal sans forcer la proximité personnelle. Règle générale : séparez “ce que tu as fait” de “pourquoi je pense que tu l’as fait” ; le premier s’observe, le second doit se vérifier.
Comment Empatyzer et Em peuvent aider
Empatyzer peut aider Anna à ne pas passer trop vite de « Maja ne répond pas bonjour » à « Maja m’ignore ». Le profil de Maja peut suggérer d’autres possibilités, comme une concentration très forte, un retrait social, de la tension ou une expressivité plus faible, mais Em ne doit pas prétendre connaître la vraie cause sans conversation. Sa valeur consiste précisément à transformer un jugement automatique en meilleure question. Em peut proposer une ouverture calme : « J’ai remarqué que parfois tu ne sembles pas m’entendre quand je te dis bonjour. Tout va bien ? » Si des différences similaires d’expressivité visible apparaissent dans l’équipe, Empatyzer peut aussi aider le leader à ne pas confondre réserve et désengagement. Les microleçons renforcent l’habitude de séparer ce que je vois de l’histoire que je me raconte immédiatement à partir de ce que je vois.
Sources et recherches
- Ross, L., Greene, D., & House, P. (1977). The “false consensus effect”: An egocentric bias in social perception and attribution processes. Journal of Experimental Social Psychology, 13(3), 279–301. https://doi.org/10.1016/0022-1031(77)90049-X DOI: 10.1016/0022-1031(77)90049-X
- Lee Ross (1977). The Intuitive Psychologist and His Shortcomings: Distortions in the Attribution Process. Advances in Experimental Social Psychology, 10, 173-220. https://doi.org/10.1016/S0065-2601(08)60357-3 DOI: 10.1016/S0065-2601(08)60357-3
Auteur: Empatyzer
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