« J’avais une idée, mais je n’ai jamais eu la parole » : le silence en réunion
Séance de brainstorming dans une salle de réunion. Zofia anime une discussion très rapide où les participants se coupent la parole et ajoutent leurs idées dès qu’elles leur viennent. Amira attend une ouverture.
— Bon, des idées. On y va.
— Oui ! Qui d’autre ?
La réunion se termine avant qu’Amira ait pu partager les trois propositions notées dans son carnet. Ce que Zofia retient surtout, c’est son silence.
Qu’est-ce qu’Empatyzer vous apporte ?
De petites micro-leçons aident à ancrer de bonnes habitudes dans le rythme naturel de la journée. La communication interpersonnelle au travail devient plus simple lorsque les conseils d’Em s’appuient sur un diagnostic précis du style de fonctionnement des collègues. Cela renforce le sentiment de sécurité psychologique dans l’équipe.
Voir la vidéo sur YouTubeCe qui s’est vraiment passé
Pour Zofia, dans une réunion dynamique, l’engagement se voit au fait d’entrer rapidement dans la conversation avec une idée. Pour Amira, le respect consiste plutôt à attendre que l’autre ait terminé. Si l’échange va vite et que plusieurs personnes reprennent sans cesse la parole, Amira peut longtemps ne pas trouver de moment qui lui semble légitime pour intervenir. Zofia voit son silence et en déduit : pas d’idée ou peu d’implication. Les idées sont bien là ; c’est simplement le format de la réunion qui les rend moins visibles chez une personne qui n’interrompt pas les autres. La distinction est importante : ne pas entendre quelqu’un ne signifie pas qu’il n’a rien à dire.
Ce que dit la recherche
Quand une seule personne peut parler à la fois, les autres doivent garder leurs idées en tête en attendant leur tour. Cette attente peut perturber la réflexion, réduire le nombre d’idées exprimées et favoriser les personnes qui s’emparent plus facilement de la parole (production blocking ; Diehl & Stroebe, 1987 ; Nijstad, Stroebe & Lodewijkx, 2003). Cela ne signifie pas que toute interruption est mauvaise, ni que les personnes plus discrètes ont toujours de meilleures idées. Cela signifie que le format de la réunion sélectionne, en partie, les idées qui deviennent le plus facilement visibles.
Comment aborder la situation
On peut modifier le format plutôt que demander à tout le monde d’adopter le même comportement : laisser une minute pour écrire des idées avant la discussion, faire un tour avec une proposition par personne, permettre d’ajouter une idée dans le chat ou sur un tableau partagé, ou inviter volontairement ceux qui n’ont pas encore parlé. L’objectif n’est pas d’imposer une égalité artificielle du temps de parole, mais d’ouvrir plusieurs voies d’entrée dans la conversation. Au lieu de dire à Amira « j’ai besoin que tu participes davantage », Zofia peut demander : « Qu’est-ce qui t’empêche de faire entendre tes idées pendant la discussion ? » La règle générale : avant d’évaluer la contribution de quelqu’un, vérifiez que le format lui donne réellement un moyen de la montrer.
Comment Empatyzer et Em peuvent aider
Empatyzer peut montrer à Zofia quelque chose de presque invisible pendant la réunion elle-même : le silence d’Amira ne signifie pas forcément qu’elle manque d’idées. Le diagnostic aide à repérer les différences d’expressivité, de vitesse de prise de parole et de confort dans un groupe très dynamique ; la comparaison avec l’équipe peut révéler qu’un format ne favorise qu’une partie des participants. Avant un brainstorming, Em peut proposer à Zofia des ajustements simples : une minute d’écriture, un tour de table, le chat ou une invitation explicite aux personnes qui n’ont pas encore parlé. Em peut aider Amira à préparer une façon d’entrer dans une conversation rapide sans devoir devenir plus combative qu’elle ne l’est naturellement. À l’échelle de l’équipe, Empatyzer permet de voir si ceux qui parlent beaucoup et ceux qui restent plus silencieux sont jugés à travers un seul style de participation. Les microleçons renforcent alors chez les responsables un réflexe : créez d’abord plusieurs façons de contribuer, puis évaluez la contribution réelle de chacun.
Sources et recherches
- Michael Diehl; Wolfgang Stroebe (1987). Productivity loss in brainstorming groups: Toward the solution of a riddle. Journal of Personality and Social Psychology, 53(3), 497-509. https://doi.org/10.1037/0022-3514.53.3.497 DOI: 10.1037/0022-3514.53.3.497
- Bernard A. Nijstad; Wolfgang Stroebe; Hein F. M. Lodewijkx (2003). Production blocking and idea generation: Does blocking interfere with cognitive processes?. Journal of Experimental Social Psychology, 39(6), 531-548. https://doi.org/10.1016/S0022-1031(03)00040-4 DOI: 10.1016/S0022-1031(03)00040-4
Auteur: Empatyzer
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