« Ce n’est qu’une petite remarque » : quand une peur ancienne transforme le feedback
Un e-mail tout à fait ordinaire d’Helena. Maja lit : « Dans le prochain rapport, ajoute la source du tableau 3. »
Un instant plus tard, elle vient la voir, visiblement tendue.
— Il y a un problème plus important avec mon travail ?
— Non. Je parlais exactement d’une seule source manquante.
Helena a envoyé une petite correction. Les expériences antérieures de Maja font qu’un signal de ce type ressemble immédiatement au début d’un problème beaucoup plus grave.
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Donner et recevoir du feedback fait partie des compétences les plus difficiles, et il est préférable de l’apprendre dans un cadre sécurisé. La coach virtuelle permet de tester différents scénarios avant la conversation réelle. C’est une formation à la communication interpersonnelle à la demande, qui allège les doutes et les craintes. Vous évitez des tensions inutiles et construisez une atmosphère de respect.
Voir la vidéo sur YouTubeCe qui s’est vraiment passé
Helena envoie une correction simple concernant une source manquante. Pour elle, c’est une information de travail banale. Mais Maja a connu des environnements où un innocent « il faut qu’on parle » ou une petite remarque pouvaient annoncer un problème bien plus important. Son corps et ses pensées peuvent donc réagir avant que l’analyse posée n’ait le temps de suivre : « ça recommence ». Le message actuel a peu de gravité, mais l’expérience passée lui donne un poids beaucoup plus grand avant même que Maja ait vérifié les faits.
Ce que dit la recherche
Les humains apprennent que certains signaux annoncent une menace, puis peuvent généraliser cette réaction à des signaux similaires dans de nouvelles situations : c’est la généralisation de la peur (fear generalization). Les revues de recherche montrent que, chez l’être humain, cette généralisation peut concerner non seulement des images ou des sons similaires, mais aussi des catégories et des significations (Dymond et al., 2015 ; Dunsmoor & Murphy, 2015). Il s’agit principalement de travaux psychologiques et cliniques, pas d’études sur de petites remarques de bureau : ce cadre ne permet donc ni de diagnostiquer Maja ni de conclure que sa réaction relève d’un trouble. Des recherches distinctes sur le feedback montrent toutefois que la sécurité psychologique influence la capacité d’une personne à utiliser une correction comme matière à apprendre plutôt qu’à la vivre comme une menace (Johnson, Keating & Molloy, 2020).
Comment aborder la situation
Pendant un temps, Helena peut indiquer explicitement l’ampleur du message : « petite correction, rien de plus », « point important à discuter », « sujet susceptible d’avoir des conséquences ». Maja accumule alors de nouvelles expériences répétées dans lesquelles un petit signal se termine réellement par un petit problème. Elle peut aussi poser une question avant de réagir : « Est-ce qu’il y a quelque chose de plus important derrière ce point précis ? » La règle générale : si un ancien environnement a appris à quelqu’un qu’un petit signal annonce un gros danger, le nouvel environnement doit lui apprendre une autre règle par un comportement cohérent, pas simplement lui dire une fois « ici, ce n’est pas comme ça ».
Comment Empatyzer et Em peuvent aider
Empatyzer peut aider Helena à comprendre qu’une correction minime peut provoquer une réaction très forte chez Maja, mais le système ne doit pas diagnostiquer un traumatisme à partir d’un profil ni prétendre connaître l’histoire de ses emplois précédents. Les données sur la réactivité émotionnelle peuvent seulement suggérer que la prévisibilité et la manière de cadrer le feedback comptent davantage. Em peut aider Helena à limiter clairement la portée du message : « Il manque une source. Dès que tu l’ajoutes, le document est prêt. » Il peut aussi aider Maja à vérifier si le message actuel contient réellement une menace plus large ou s’il a simplement réactivé une ancienne association. Les microleçons apprennent aux deux côtés qu’un bon feedback doit dire non seulement ce qu’il faut corriger, mais aussi où s’arrête le problème, afin qu’une remarque ponctuelle ne déborde pas sur une évaluation de toute la personne.
Sources et recherches
- Simon Dymond; Joseph E. Dunsmoor; Bram Vervliet; Bryan Roche; Dirk Hermans (2015). Fear Generalization in Humans: Systematic Review and Implications for Anxiety Disorder Research. Behavior Therapy, 46(5), 561-582. https://doi.org/10.1016/j.beth.2014.10.001 DOI: 10.1016/j.beth.2014.10.001
- Joseph E. Dunsmoor; Gregory L. Murphy (2015). Categories, concepts, and conditioning: how humans generalize fear. Trends in Cognitive Sciences, 19(2), 73-77. https://doi.org/10.1016/j.tics.2014.12.003 DOI: 10.1016/j.tics.2014.12.003
- Christina E. Johnson; Jennifer L. Keating; Elizabeth K. Molloy (2020). Psychological safety in feedback: What does it look like and how can educators work with learners to foster it?. Medical Education, 54(6), 559-570. https://doi.org/10.1111/medu.14154 DOI: 10.1111/medu.14154
Auteur: Empatyzer
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