« Beau travail. Mais… » : quand les compliments brouillent le feedback

Au bureau, lors de la revue d’un travail terminé. Helena doit demander à Jonas une correction importante, mais elle ouvre et clôt la conversation par de forts compliments.

— Franchement, tu as fait un excellent travail. Il y a juste un petit point à ajuster.
— D’accord.
— À part ça, c’est vraiment très bien. Vraiment.

Helena est certaine d’avoir communiqué une modification obligatoire. Jonas repart convaincu qu’il ne s’agit que d’un simple détail de forme.

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Donner et recevoir du feedback fait partie des compétences les plus difficiles, et il est préférable de l’apprendre dans un cadre sécurisé. La coach virtuelle permet de tester différents scénarios avant la conversation réelle. C’est une formation à la communication interpersonnelle à la demande, qui allège les doutes et les craintes. Vous évitez des tensions inutiles et construisez une atmosphère de respect.

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Ce qui s’est vraiment passé

Helena veut éviter qu’une seule correction efface tout le travail bien réalisé par Jonas. Elle commence donc par le féliciter, présente la critique comme « un petit point », puis termine par un nouveau compliment. Jonas tire une conclusion parfaitement logique des proportions du message : si presque tout est excellent et si le problème est présenté comme mineur, la modification ne peut pas être critique. Helena cherchait à protéger la relation, mais elle a en même temps réduit la lisibilité de la priorité. Le problème n’est pas le compliment en lui-même. Il vient du mélange entre l’évaluation globale de la qualité et l’importance d’une correction obligatoire.

Ce que dit la recherche

La très populaire méthode « compliment–critique–compliment », souvent appelée méthode du sandwich, est beaucoup moins solidement soutenue par la recherche que sa popularité pourrait le laisser penser. Dans une étude, elle améliorait la perception qu’avaient les participants du feedback, sans apporter de preuve d’une meilleure performance dans la tâche (Parkes, Abercrombie et McCarty, 2013). Les revues sur le feedback soulignent également que des règles rigides visant à équilibrer compliments et critiques peuvent gêner la discussion sur l’action qui doit réellement changer (Molloy et Boud, 2019). La conclusion n’est pas que féliciter est mauvais. Elle est que l’évaluation positive et la correction obligatoire doivent être clairement distinguées.

Comment aborder la situation

Helena peut dire : « Dans l’ensemble, c’est du très bon travail. Il y a toutefois un point indispensable avant le lancement : X doit changer. » La reconnaissance reste sincère, mais Jonas sait exactement ce qu’il doit faire et à quel point c’est important. Il est également utile de conclure par un accord concret : « Donc, avant l’envoi, tu modifies X ; tout le reste reste inchangé. » Règle générale : n’utilisez pas un ton chaleureux pour diminuer le poids apparent d’une information dont l’autre a besoin pour agir.

Comment Empatyzer et Em peuvent aider

Empatyzer peut montrer à Helena que son souci naturel de préserver la relation risque, sans qu’elle le veuille, de rendre le message moins clair pour Jonas. Le diagnostic et la comparaison des profils peuvent révéler qu’elle a tendance à adoucir ses messages alors que lui se fie fortement au poids littéral des mots employés. Avant la conversation de feedback, Em peut proposer une structure qui conserve la reconnaissance tout en la séparant de la modification exigée : « Le travail est globalement bon ; un point reste obligatoire avant le lancement : X. » Jonas reçoit alors précisément l’information dont il a besoin pour agir, sans qu’Helena ait à abandonner son style naturel. Si le feedback est régulièrement dilué ou, au contraire, inutilement durci dans l’équipe, les données collectives rendent ce schéma visible. Les microleçons entraînent à distinguer la chaleur du ton de la clarté de la priorité jusqu’à ce que ce réflexe devienne une pratique managériale ordinaire.

Sources et recherches

  1. Jay Parkes; Sara Abercrombie; Teresita McCarty (2013). Feedback sandwiches affect perceptions but not performance. Advances in Health Sciences Education, 18(3), 397-407. https://doi.org/10.1007/s10459-012-9377-9 DOI: 10.1007/s10459-012-9377-9
  2. Elizabeth Molloy; Rola Ajjawi; Margaret Bearman; Christy Noble; Joy Rudland; Anna Ryan (2020). Challenging feedback myths: Values, learner involvement and promoting effects beyond the immediate task. Medical Education, 54(1), 33-39. https://doi.org/10.1111/medu.13802 DOI: 10.1111/medu.13802

Auteur: Empatyzer

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